Mexique : Mezcal et tequila font carburer les entreprises vertes

Publié le 25 janvier 2012

Source: Green et Vert, 25 janvier 2012

[En ligne]: http://www.greenetvert.fr/2012/01/25/mezcal-et-tequila-font-carburer-les-entreprises-vertes/45021

 

La distillation des célèbres alcools mexicains génère des tonnes de résidus de cactus, dont les industriels ne savent que faire. Un problème épineux résolu par l'entreprise Carbon Diversion, qui en fait des briquettes et des granulés, au pouvoir calorifique supérieur à celui du pin.

Blancs ou ambrés, avec ou sans ver dans le fond de la bouteille, le mezcal et la tequila font partie des symboles de la culture mexicaine et s'exportent dans le monde entier. Élaborées à partir de l'agave, un cactus imposant aux feuilles élancées, ces boissons alcoolisées produisent des déchets organiques difficiles à réutiliser et peu valorisés.

Un excellent combustible

Cette biomasse présente pourtant un excellent potentiel pour la fabrication d'un combustible écologique traditionnellement obtenu à partir de résidus de bois: les pellets, ou granulés.

C'est dans cette optique que l'entreprise Carbon Diversion América Latina a mis au point un procédé permettant d'obtenir des briquettes et des granulés à partir de déchets organiques. Dans un premier temps, les résidus d'agave sont pressés puis broyés, avant d'être soumis à un processus de séchage qui fait passer leur taux d'humidité à moins de 12%.

Pour l'instant, l'entreprise fabrique des briques circulaires d'une dizaine de centimètres de diamètre. La production de pellets devrait débuter courant 2012.

Des sources d'approvisionnement multiples

Francisco Xavier Villaseñor Pérez-Verdía, directeur de la société, explique:

    ''Les briquettes et les pellets peuvent être fabriqués à partir de toutes sortes de sous-produits de l'agriculture. Comme les restes de canne à sucre, l'étoupe de coco, les noyaux de mangues ou encore l'écorce de fruits.''

Par ailleurs, leur pouvoir calorifique est supérieur à celui des briques et des granulés de pin fabriqués aux États-Unis et au Canada. Il atteint 4192 kilocalories par kilo dans le cas de l'agave.

Un cercle vertueux

L'objectif de Carbon Diversion est de proposer ce biocombustible aux industries nécessitant de la chaleur au cours de leur processus de production. C'est le cas des fabricants de tequila et de mezcal. Ils pourront ainsi réutiliser leurs propres déchets lors de la cuisson de l'agave, qui a lieu avant sa distillation.

Les quantités de CO2 émises lors de la combustion des briquettes sont les mêmes que celles produites lorsque les restes d'agave se décomposent naturellement, et leur coût de fabrication reste inférieur à celui de l'élaboration de compost, processus qui nécessite entre 6 et 7 mois.

La production de briques et de pellets à partir des résidus de l'agave a permis à Carbon Diversion América Latina de décrocher la première place lors du Cleantech Challenge México 2011, qui récompense les efforts des entreprises les plus vertes du pays.

Travail : des salariés engagés mais desenchantés

Publié le 25 janvier 2012

Source: Le Figaro, 25 janvier 2012

Par: Caroline Beyer

[En ligne]: http://www.lefigaro.fr/vie-bureau/2012/01/24/09008-20120124ARTFIG00746-travail-des-salaries-engages-mais-desenchantes.php

 

Si le travail reste une valeur fondamentale pour les Français, son exercice au quotidien est jugé difficile.

Trois quarts des cadres se disent «engagés» vis-à-vis de leur entreprise actuelle, selon une enquête menée par l'Apec auprès de 3000 cadres. «Loyauté» et «contrat moral» sont les deux valeurs clés citées pour définir cet engagement.

Certains rattachent cette loyauté à une valeur morale personnelle, mais pour beaucoup il s'agit d'un devoir lié au contrat de travail. «La façon dont les cadres se sentent engagés témoigne des contradictions qu'ils peuvent vivre au quotidien: ils restent engagés et investis malgré leur désaccord avec la stratégie de leur direction», explique Marie-Françoise Leflon, présidente de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec).

Ces conclusions ne sont pas très éloignées de celles de la vaste enquête «Quel travail voulons-nous?», réalisée par Radio France auprès de quelque 5000 auditeurs (*) et publiée le 23 janvier.

Elle révèle des Français désenchantés, mais qui ne cèdent pas au fatalisme. Lucides et déterminés, ils travaillent «pour gagner leur vie» (57,6%), le fait de «se réaliser» venant loin derrière (28,2%).

Les Français continuent de donner un sens profond au travail. A 47,4%, ils déclarent que s'ils avaient suffisamment d'argent pour bien vivre, ils continueraient à travailler. Majoritairement également, ils considèrent que «l'être humain a besoin de travailler».
L'absence de perspectives

Mais sur l'intérêt même du travail et son exercice, les réponses ne sont pas très positives. A la question «Comment ressentez-vous aujourd'hui votre travail?», la première réponse est «je suis fatigué» (27,2%), juste devant «bien» (25%) et «dur mais j'y arrive» (23,9%). Seuls 4,9% ressentent les choses de manière «formidable».

Parmi les difficultés évoquées, sont citées en tête l'absence de perspectives d'évolutions et de salaire (47,7%), le manque d'effectifs (37,7%) et l'obsession de rentabilité (34,8%).

Les salariés dans leur majorité estiment que leur situation n'est pas meilleure que celle de leurs parents. Pire, quand on leur demande si la situation de leurs enfants sera meilleure, ils se montrent très pessimistes, répondant par la négative à 60,8%.

Les Français seraient-ils blasés? Ils ne sont en tout cas que 20% à dire exercer le métier dont ils rêvaient lorsqu'ils étaient enfants... l'enquête ne précise pas si, pour cette minorité, le métier correspond à l'idée qu'ils s'en faisaient alors....

Face à cet ensemble de constats, ils comptent «sur eux-mêmes» pour assurer leur bien-être au travail (73,8%), bien avant les syndicats (12,1%) et les employeurs (4,2%). Et dans la recherche d'un job, ils font davantage confiance à leur détermination (16,2%), leur relations (15,3%) et la chance (14%) qu'à Pôle Emploi (1%)...

Au final, le travail permet de vivre «correctement» pour 59,5% des sondés. Et «largement» pour 7,9%.

* Profil de l'auditeur de Radio France: 55% de femmes, 67,4% ayant un niveau de formation supérieur à bac + 2, 45,4% exerçant des professions intellectuelles supérieur, 8,1% au chômage.

Les chefs d'entreprise satisfaits de la génération Y !

Publié le 25 janvier 2012

Source: Chef d'entreprise.com, 25 janvier 2012

Par: Carine Guicheteau

[En ligne]: http://www.chefdentreprise.com/Breves/Les-chefs-d-entreprise-satisfaits-de-la-generation-Y-43863.htm

Pourquoi tant de haine ? Au vu de toutes les études sur la génération Y, on en arrive à croire que c'est l'ennemi public n°1, que ces jeunes sont incontrôlables et inadaptés à l'entreprise. Or, les chefs d'entreprise sont, dans l'ensemble, satisfaits de leurs jeunes recrues selon une étude de l'APM.

La génération Y (les moins de 30 ans) est visiblement une sorte d'extraterrestre dans le paysage économique. Pour preuve, le nombre d'études qui fleurissent sur le sujet et qui tentent de mettre ces "énergumènes" dans des cases, pour mieux les manager et les intégrer dans l'entreprise. Comme si c'était le problème n°1 des entreprises... Pourtant...

La dernière étude en date, publiée en janvier 2012 par la très sérieuse Association Progrès du management (APM), qui rassemble un réseau de 5 600 chefs d'entreprise et 350 experts, se penche sur le regard que portent les chefs d'entreprise sur la génération Y.

Contrairement aux idées reçues, les chefs d'entreprise sont dans l'ensemble satisfaits de leurs jeunes recrues, notamment au regard de leur intégration à la vie de l'entreprise (89 % des sondés). Les plus enthousiastes sont les dirigeants de moins de 39 ans (94 % saluent leur intégration et 90 % leur motivation). Leur fidélité, leur adaptation aux codes de l'entreprise, leur dynamisme et leur motivation sont également salués par plus de quatre chefs d'entreprise sur cinq. Leur créativité, tout en étant le dernier critère salué, reste une source de satisfaction importante (72 %). Les adhérents APM remettent davantage en question leur fidélité (60 % versus 85 % des sondés).

« Depuis 30 ans, toutes les études sociologiques montrent que même si les jeunes présentent tous des spécificités, il n'y a pas de différence notable entre générations de jeunes depuis bien longtemps. Néanmoins, force est de constater que l'intégration actuelle des jeunes dans l'économie pose des problèmes nouveaux dont on leur attribue trop facilement la responsabilité : esprit mercenaire, perte de la valeur travail... », commente Christian Saint-Etienne, économiste et expert APM.

Les chefs d'entreprise sont plus partagés sur l'adaptabilité de la génération Y aux règles traditionnelles de l'entreprise : plus d'un quart des dirigeants juge ces règles inadaptées aux nouvelles générations et 12 % "pas adaptées du tout".
« Je ne pense pas que ce soit la jeune génération qui pose problème, mais bien notre système macroéconomique qui est incapable de les intégrer et ce, spécifiquement en France. En effet, les jeunes Français vont fréquemment de petits boulots en petits boulots et ne parviennent pas à se stabiliser avant 35 ans. Les Allemands, par exemple, ne rencontrent pas ces mêmes difficultés, grâce notamment à la généralisation de l'apprentissage. Donc, plutôt que de regarder la question sous l'angle de la génération, il me semble qu'il serait plus intéressant de la regarder sous l'angle du système économique et se recentrer ainsi sur les bonnes questions à se poser, pour éviter tout jugement hâtif », juge Christian Saint-Etienne (APM).

« Face aux bouleversements économiques, aux évolutions sociétales et à la mutation des techniques d'entreprise, les dirigeants d'aujourd'hui sont amenés à repenser et à réinventer leur management au quotidien. Rapport à l'échec, à l'apprentissage, nécessité de créativité et d'innovation, nouveaux impératifs de transversalité et d'interactivité : à l'ère du manager nouveau, de nombreuses certitudes sont à balayer pour faire avancer nos entreprises », prône Xavier Ouvrard, président de l'APM.

Des cellules souches végétales pour rajeunir la peau

Publié le 25 janvier 2012

Source: Industrie et technologies, 24 janvier 2012

Par: Ludovic Fery

[En ligne]: http://www.industrie.com/it/des-cellules-souches-vegetales-pour-rajeunir-la-peau.12576

 

Sur le site de R&D de Nestlé à Tours, l'Oréal prépare des formules cosmétiques peu communes à base de cellules souches végétales. Visite guidée du laboratoire à l'usine de bioproduction voisine Chimex.

Des roses qui adoptent une couleur prédéterminée, du riz qui produit de la vitamine A, des anticancéreux cultivés en bioréacteur... Les biotechnologies végétales peuvent rendre de nombreux services à l'homme... y compris cosmétiques !

L'Oréal y travaille. Dans ses laboratoires de Tours, l'expert français des produits de beauté maîtrise deux types de savoir-faire sur les cellules souches végétales : d'une part, la préparation de clones à partir de spécimens végétaux et, d'autre part, à partir des mêmes clones, le retour au stade de plante adulte.

Les lignées cellulaires passent ensuite par une phase d'optimisation. Dans différents bioréacteurs, plusieurs paramètres (pH, température, agitation, teneur en oxygène dissous) sont manipulés pour obtenir le meilleur rendement possible. Celui-ci ne s'évalue pas en termes de quantité d'un composé produit, mais de quantité de biomasse obtenue. Autrement dit, ce sont les cellules souches elles-mêmes qui constitueront l'ingrédient actif des produits cosmétiques (crème hydratante, gommante...). Les chercheurs ont montré, sur des modèles in vitro, que les cellules dédifférenciées de rose avaient la capacité de régénérer les cellules souches humaines au niveau du derme.

60 tonnes de biomasse produites par an

Les procédés au point, l'industriel peut passer à la production de masse. Celle-ci se déroule au sein d'une unité de fermentation Chimex, voisine des laboratoires, d'une capacité de 3 000 litres. « Nous pouvons produire une soixantaine de tonnes de biomasse par an », précise Richard Martin, expert biotechnologies du groupe, « ce qui couvrirait quelques pourcents du besoin en ingrédients de L'Oréal ».

Le leader mondial des cosmétiques tire déjà 40 % de sa matière première de ressources renouvelables. La part réservée aux biotechnologies est amenée à croître, au vu de ses avantages sur la culture en plein champs : meilleure reproductibilité ; consommation d'eau réduite ; absence de pesticides, de compétition avec l'alimentation...

La première application utilisant la technologie des cellules souches végétales de l'Oréal est attendue pour le début 2012. Elle sera commercialisée sous la marque Lancôme. 

Côte-Nord : au tour de Baie-Comeau de frapper à la porte de Gaz Métro

Publié le 24 janvier 2012

Source: Radio-Canada, 24 janvier 2012

[En ligne]: http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2012/01/24/001-gaz-metro-pourrait-transporter-gaz-naturel-cote-nord.shtml?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter


Après Sept-Îles, c'est au tour de la région de Baie-Comeau de réclamer un accès au gaz naturel pour favoriser l'implantation d'entreprises et la compétivité de celles déjà établies.

L'entreprise Gaz Métro a été approchée il y a quelques mois par des entreprises de la Côte-Nord.

Gaz Métro décidera d'ici quelques mois si elle réalisera une étude de préfaisabilité pour desservir la région en gaz naturel. Si l'entreprise va de l'avant, elle étendra probablement son réseau à partir du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La Côte-Nord est la dernière grande région industrielle du Québec à ne pas être reliée au réseau de distribution de l'entreprise.

Selon le conseiller en projets majeurs chez Gaz Métro, Pierre-Yves Boivin, outre les centaines de kilomètres à franchir pour rejoindre Sept-Îles ou Port-Cartier, le transport du gaz jusqu'à la Côte-Nord représente un défi de taille. « Il faut aussi, explique le porte-parole de Gaz Métro, que les coûts de construction qui entrent dans l'équation soient acceptables du point de vue des critères que l'on doit respecter avec la Régie de l'énergie. »

Contribution au développement

Sur la Côte-Nord, la sortie de Baie-Comeau survient au moment où l'entreprise Argex, qui exploite une mine au nord de Baie-Comeau, annonce qu'elle construira son usine de transformation à Bécancour, faute d'approvisionnement en gaz naturel dans la région.

Pour le président de la chambre de commerce de Manicouagan, Michel Truchon, cette décision illustre bien que l'accès à cette source d'énergie devient indispensable au développement économique nord-côtier.

Sans un accès au gaz naturel, M. Truchon estime que de nombreuses retombées liées à la transformation des ressources naturelles échapperont à la région. « Le développement du Plan Nord est en partie lié à ça », fait-il valoir. Il ajoute qu'il serait possible de se doter des installations nécessaires grâce à une aide gouvernementale.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gaz Métro estime que sa présence permet aux entreprises d'économiser 200 millions de dollars annuellement en dépenses énergétiques et d'éviter l'émission de 450 000 tonnes de gaz à effet de serre.

D'après un reportage de Carl Marcand

Batteries semi-liquides : révolution pour le stockage d'énergie ?

Publié le 24 janvier 2012

Source: Industrie et technologies, 23 janvier 2012

Par: Hugo Leroux

[En ligne]: http://www.industrie.com/it/batteries-semi-liquides-revolution-pour-le-stockage-d-energie.12563

 

Des chercheurs du MIT travaillent sur de nouvelles batteries dont les électrodes sont dispersées en minuscules particules dans un liquide conducteur. Le concept est révolutionnaire : il permettrait de recharger une voiture électrique en lui injectant un liquide de batterie ''frais''... de la même manière qu'une voiture à essence.

Les batteries lithium-ion actuellement utilisées dans les voitures électriques présentent un inconvénient : leur recharge prend entre 4 et 8 heures, selon la puissance électrique appelée et leur capacité. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreuses équipes de chercheurs travaillent sur des batteries liquides. Objectif : remplacer les électrodes solides - les deux pôles entre lesquels s'opèrent les échanges électrochimiques - par des matériaux liquides. La solution idéale pour recharger sa batterie à la pompe - et déléguer la régénération du liquide usagé aux stations-service.

Jusque là, les prototypes de batteries liquides présentaient des densités énergétiques bien trop faibles pour concurrencer les batteries solides. C'est ce qui a poussé des chercheurs du MIT à trouver un compromis. L'équipe dirigée par les professeurs W. Craig Carter et Yet-Ming Chiang est parvenue à ''moudre'' les électrodes solides sous forme de minuscules particules en suspension dans l'électrolyte, le liquide conducteur des charges électriques. Résultat : un liquide électrogène noir et visqueux ressemblant à s'y méprendre... à du pétrole brut ! Grâce à cette approche ''semi-liquide'', les chercheurs affirment décupler la densité énergétique de leur batterie par rapport à la solution tout-liquide.

S'il n'y a pas encore de quoi inquiéter les batteries solides, Chiang et Carter semblent confiants sur la marge de progrès de cette architecture originale. Pour la développer, les deux chercheurs ont fondé une start-up, 24M Technologies, subventionnée depuis septembre 2010 par l'hyperactive Arpa-E, organe de financement de la recherche liée aux technologies énergétiques, rattaché au département de l'énergie américain. D'après les objectifs affichés, un prototype pré-commercial devrait voir le jour fin 2013.

Bientôt une usine d'éthanol cellulosique au Japon

Publié le 24 janvier 2012

Source: Bioénergie International, 23 janvier 2012

[En ligne]: http://www.bioenergie-promotion.fr/18333/bientot-une-usine-dethanol-cellulosique-au-japon/


L'agence RAIB [1] a annoncé avoir fini la construction d'un pilote industriel de bioéthanol. Celle-ci dispose d'une capacité de production de 25 000 litres/an et produit du bioéthanol à partir d'arbres et de plantes herbacées à haut rendement. Cette usine est financée en partie par la NEDO [2] et fait partie d'un projet lancé en 2009 afin de développer l'industrie de conversion de la biomasse cellulosique en bioéthanol.

L'installation dispose de nombreuses caractéristiques intéressantes, en particulier un procédé de prétraitement de la biomasse par de l'ammoniac à l'état sec. Ce procédé, déployé ici pour la première fois dans une usine, permet le prétraitement de la biomasse à l'état solide, et une conversion efficace de tous les sucres présents. Ces sucres subissent ensuite une saccharification , qui est facilitée grâce à la présence d'une membrane de séparation. Cette dernière assure l'obtention d'une solution hautement concentrée en sucres permettant une meilleure étape de fermentation, comme le schéma ci-dessous l'explique clairement.

La biomasse utilisée pour produire le bioéthanol est issue de nombreux tests de culture effectués dans des régions qui présentent des climats variés et à différentes saisons.

D'ici à 2013 la RAIB va chercher à optimiser son procédé et à augmenter sa capacité de production afin de produire 500 000 l/an dans une première étape et finalement 10 000 000 l/an.
-

    * [1] Research Association of Innovative Bioethanol Technology, elle est issue d'une collaboration entre 6 grands groupes japonais : Mitsubishi Heavy Engineering, Toyota Motor, Kajima Corp., Sapporo Engineering et Toray Industries. Le but de l'association est de pouvoir produire du bioéthanol à un coût de production de 80 yen/l (0,8 €) d'ici à 2015.
    * [2] New Energy and Industrial Technology Development Organization, agence gouvernementale en charge de la recherche sur les énergies renouvelables.

Adieu la retraite anticipée?

Publié le 24 janvier 2012

Source: Le Soleil, 24 janvier 2012 

Par: Gilbert Leduc

[En ligne]: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201201/23/01-4488638-adieu-la-retraite-anticipee.php

(Québec) Avant qu'un débat s'amorce sur la pertinence de repousser l'âge d'admissibilité à la rente de retraite, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) affirme qu'il faut décourager la retraite hâtive. «Un changement de mentalité s'impose pour faire en sorte que la retraite anticipée ne soit plus considérée comme un droit.»

«Plusieurs régimes de retraite privés et publics ont incorporé, au fil des ans, des dispositions qui favorisent la prise de retraite anticipée. Il faudrait trouver les moyens d'inverser ces incitatifs et la tendance à laquelle ils donnent naissance», affirme le CPQ dans un mémoire déposé hier à l'occasion de la consultation publique menée sur la participation au marché du travail des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus.

En 2011, l'âge moyen de la retraite au Québec était de 60,9 ans. Il était de 62,3 ans en moyenne au Canada. Il atteignait 62,7 ans en Ontario et 64,1 ans en Alberta.

«Au milieu du XXesiècle, on entrait dans la vie active à 15 ans, on quittait le travail à 65 ans et on mourait à 70 ans», écrivait, le mois dernier, l'économiste Pierre Fortin dans L'Actualité. «Aujourd'hui, on commence à travailler à 20 ans, on part à la retraite à 60 ans et on survit jusqu'à 85 ans.» Les Québécois passent donc 10 ans de moins au boulot et 20 ans de plus à la retraite.

Tout ça alors que la population en âge de travailler va chuter à compter de 2013 et que le vieillissement de la population va s'accélérer. De 7,8 travailleurs pour chaque retraité en 1971, ce ratio passera de 2,1 travailleurs pour chaque retraité en 2030.

De l'avis du président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, «il est sans doute temps de modifier les régimes actuels et de mettre en oeuvre des mesures incitatives pour encourager les travailleurs à prendre leur retraite plus tardivement».

En entrevue au Soleil, il a expliqué que les régimes privés et publics actuels faisaient en sorte qu'un travailleur n'avait aucun intérêt financier à poursuivre sa carrière dès qu'il atteignait l'âge de 60 ans. «Les temps ont changé. Si les gens désirent prendre leur retraite plus rapidement, il devrait y avoir un coût, pour eux, associé à cette décision. On ne peut pas seulement jouir de la qualité de vie, il faut en être responsable.»

En septembre dernier, la Commission nationale sur la participation au marché du travail des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus, présidée par Gilles Demers, proposait des pistes d'action pour favoriser une prise de retraite plus près de l'âge normal de 65 ans en rendant, par exemple, moins attrayante la rente offerte avant 65 ans et en bonifiant la rente perçue à partir de 65 ans, en repoussant graduellement l'âge de l'admissibilité à la Régie des rentes du Québec ou encore en accordant des bénéfices à ceux qui poursuivent leur participation active au marché du travail.

Selon Yves-Thomas Dorval, les employeurs sont «très sensibles» à la situation et sont prêts à agir pour encourager leurs travailleurs les plus âgés à demeurer en poste. Dans un sondage, 8 patrons sur 10 se montrent favorables à l'adoption de mesures de réduction des heures de travail et d'aménagement des horaires.

Par ailleurs, le président du CPQ estime qu'il faudra bientôt faire un débat autour de l'idée de repousser l'âge d'admissibilité à la rente de retraite avant que le climat social s'enflamme comme c'est le cas dans certains pays européens. Sans se prononcer officiellement sur le sujet, le CPQ rapporte qu'une récente consultation menée auprès de ses membres révélait que 80 % des patrons interrogés voyaient d'un bon oeil le report de l'âge d'admissibilité à la rente de 60 à 62 ans sur une période de 10 à 20 ans.

Tendances mondiales de l'emploi 2012 : Le monde est confronté au défi de créer 600 millions d'emplois, selon l'OIT

Publié le 24 janvier 2012

Source: Bureau International du Travail, 24 janvier 2012

[En ligne]: http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/press-and-media-centre/news/WCMS_171703/lang--fr/index.htm

GENÈVE (Nouvelles du BIT) - Le monde est confronté au «défi pressant» de créer 600 millions d'emplois productifs au cours des dix prochaines années en vue de générer une croissance durable et de préserver la cohésion sociale, selon le rapport annuel de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur l'emploi mondial.

«Après trois années de crise chronique sur les marchés mondiaux du travail et dans le contexte d'une nouvelle détérioration de l'activité économique, le chômage accumulé touche actuellement 200 millions de personnes à l'échelle mondiale», constate l'OIT dans son rapport annuel intitulé «Tendances mondiales de l'emploi 2012: Prévenir une aggravation de la crise de l'emploi» (GET 2012 en anglais). En outre, le rapport affirme que plus de 400 millions de nouveaux emplois seront nécessaires au cours des dix prochaines années pour absorber l'accroissement annuel de la main-d'œuvre estimé à 40 millions par an.

Le rapport sur les tendances mondiales de l'emploi indique également que le monde est confronté à un défi supplémentaire, celui de créer des emplois décents pour quelque 900 millions de travailleurs qui vivent avec leur famille au-dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour, essentiellement dans les pays en développement.

«Malgré les efforts acharnés des gouvernements, la crise de l'emploi ne connaît pas de répit: un travailleur sur trois dans le monde - environ 1,1 milliard de personnes - est chômeur ou vit sous le seuil de pauvreté», déplore le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia. «Ce qu'il faut, c'est que la création d'emplois dans l'économie réelle devienne notre priorité numéro un.»

Le rapport constate que la reprise qui avait démarré en 2009 a fait long feu et qu'il reste toujours 27 millions de chômeurs de plus qu'au début de la crise. Le fait que les économies ne génèrent pas suffisamment d'emplois se répercute sur le ratio emploi-population (la proportion de la population en âge de travailler qui occupe effectivement un emploi) qui a subi le plus fort déclin jamais enregistré entre 2007 (61,2 pour cent) et 2010 (60,2 pour cent).

Dans le même temps, la main-d'œuvre compte presque 29 millions de personnes de moins que ce à quoi l'on pouvait s'attendre en se basant sur les tendances d'avant la crise. Si l'on comptabilisait les travailleurs découragés1 parmi les chômeurs, le chômage mondial ferait un bond, passant du chiffre actuel de 197 millions à 225 millions, et le taux de chômage augmenterait de 6 à 6,9 pour cent.

Le rapport décrit trois scénarios pour l'évolution de la situation de l'emploi. La projection de base montre un surcroît de 3 millions de chômeurs pour 2012, et une hausse jusqu'à 206 millions d'ici à 2016. Si le taux de croissance mondial tombe au-dessous de 2 pour cent, alors le chômage s'élèvera à 204 millions dès 2012. Dans un scénario moins sombre, qui suppose que soit rapidement résolue la crise de la dette dans la zone euro, le chômage mondial baisserait d'environ 1 million en 2012.

Les jeunes continuent de figurer parmi les personnes les plus durement touchées par la crise de l'emploi. A l'aune de la situation actuelle, le rapport précise qu'il y a peu d'espoir de voir leurs perspectives d'emploi s'améliorer de manière substantielle à court terme.

Le rapport Tendances mondiales de l'emploi 2012 affirme que 74,8 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient sans emploi en 2011, soit une hausse de plus de 4 millions depuis 2007. Il ajoute qu'à l'échelle mondiale les jeunes ont un risque presque trois fois plus élevé que les adultes d'être au chômage. Le taux mondial du chômage des jeunes, qui atteint 12,7 pour cent, demeure un point de pourcentage au-dessus du niveau d'avant la crise.

Les autres enseignements principaux du rapport sont les suivants:

    * Le rythme de progression de la réduction du nombre de travailleurs pauvres a connu un ralentissement marqué. Près de 30 pour cent de l'ensemble des travailleurs dans le monde - plus de 900 millions - vivaient avec leur famille au-dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars en 2011, soit 55 millions de plus que ce qu'avaient prévu les tendances d'avant la crise. Sur les 900 millions de travailleurs pauvres, près de la moitié vivait au-dessous du seuil d'extrême pauvreté fixé à 1,25 dollar par jour.
    * En 2011, le nombre de travailleurs occupant un emploi vulnérable 2 dans le monde est estimé à 1,52 milliard, soit une hausse de 136 millions de personnes depuis 2000 et près de 23 millions depuis 2009.
    * Parmi les femmes, 50,5 pour cent occupent un emploi vulnérable, un taux qui dépasse la proportion constatée chez les hommes (48,2).
    * Les bonnes conditions économiques ont dopé les taux de création d'emplois: ils dépassent la croissance de la main-d'œuvre et soutiennent ainsi la demande intérieure, en particulier dans les grandes économies émergentes d'Amérique latine et d'Asie de l'Est.
    * Les disparités de productivité du travail entre les économies développées et le monde en développement - un indicateur important pour mesurer la convergence des niveaux de revenus entre les pays - se sont atténuées au cours des vingt dernières années mais demeurent considérables: en 2011, la production par travailleur dans les économies développées et l'Union européenne équivalait à 72 900 dollars contre une moyenne de 13 600 dollars dans les régions en développement.

«Ces derniers chiffres reflètent bien les inégalités croissantes et la poursuite de l'exclusion qui touchent des millions de travailleurs et leur famille», indique M. Somavia. «La sortie ou non de la crise dépendra en fin de compte de l'efficacité des politiques mises en place par les gouvernements. Or, ces politiques ne seront efficaces que si elles ont un impact positif sur la vie des gens».

Le rapport plaide en faveur de mesures ciblées pour soutenir la croissance de l'emploi dans l'économie réelle, et avertit qu'à elles seules des mesures d'aide publique supplémentaires ne sauraient forger une reprise durable.

«Les responsables politiques doivent agir de manière déterminée et coordonnée pour réduire les craintes et les doutes qui freinent les investissements privés afin que le secteur privé puisse relancer le principal moteur de la création mondiale d'emplois», poursuit le rapport.

Le rapport avertit aussi qu'en période d'essoufflement de la demande une nouvelle relance est utile; elle peut être conduite sans que cela mette en péril la stabilité des finances publiques. Il appelle enfin à ce que les efforts en matière d'assainissement budgétaire se fassent de manière socialement responsable, avec comme objectifs principaux les perspectives de croissance et d'emploi.

Pour plus d'informations, merci de contacter le Département de la communication et de l'information publique du BIT au + 4122/799-7912, communication@ilo.org

Le Bureau international du Travail (BIT) est le secrétariat permanent de l'Organisation internationale du Travail (OIT).

1 Une personne qui a décidé de cesser de chercher du travail parce qu'elle estime n'avoir aucune chance de trouver un emploi est considérée comme économiquement inactive (c'est-à-dire hors de la main-d'œuvre) et n'est donc pas comptabilisée parmi les chômeurs. Cela vaut aussi pour les jeunes gens qui choisissent de poursuivre leurs études plus longtemps qu'ils ne l'avaient espéré et attendent pour chercher du travail parce qu'ils pressentent un manque de débouchés.

2 L'emploi vulnérable est défini comme la somme des travailleurs à leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés.

Une plateforme de recherche pour les biocarburants destinés au transport maritime

Publié le 24 janvier 2012

Source: Bioénergie International, 23 janvier 2012

[En ligne]: http://www.bioenergie-promotion.fr/18358/une-plate-forme-de-recherche-pour-les-biocarburants-destines-au-transport-maritime/

 

La Danish Advanced Technology Foundation a décidé de consacrer 112 millions de couronnes danoises (environ 15 millions d'euros) à la création d'une nouvelle plate-forme officiellement nommée : « Biomass for the 21st century: Integrated biorefining technologies for shipping fuels and biobased chemicals (B21st) ».

Elle réunira les principaux acteurs danois dans le domaine du traitement de la biomasse à savoir : l'Université de Copenhague, DTU (Danish Technical University), A.P. Møller Maersk, Novozymes, Haldor Topsøe, Man Diesel & Turbo et enfin Dong Energy. La plate-forme fournira un cadre pour des programmes de recherche communs qui auront pour but de développer des procédés écologiques de production de biocarburants destinés au transport maritime. La plate-forme sera dirigée par le professeur Claus Felby de l'Université de Copenhague.

Ces 5 prochaines années, la plate-forme de recherche s'attachera donc a développer de nouvelles technologies hybrides qui permettront de rendre la production de biocarburants plus efficace et plus écologiques que ce qui est actuellement possible. « Nous serons bientôt contraints de remplacer une partie conséquente de notre approvisionnement par de la biomasse, alors qu'au même moment nous aurons à produire plus de nourriture. Cela exige une utilisation plus efficace nos ressources en biomasse, non seulement technologiquement mais également sur la façon dont nous cultivons et dont nous nous procurons cette biomasse.

Les compétences spécifiques dans les domaines biologiques et de conversion chimique de la biomasse, représentées entre autres par Novozymes, l'Université de Copenhague, Haldor Topsøe et DTU rendent maintenant possible l'utilisation de biomasse de manière bien plus efficace, au bénéfice, par exemple du transport maritime. » dit le professeur Claus Felby de LIFE - la faculté des sciences de la vie de l'université de Copenhague, qui dirigera la plate-forme.

    ''Le développement des biocarburants pour le transport maritime a, en effet, été jusqu'ici un peu négligé : « Ces 75 dernières années, les compagnies maritimes ont utilisé du pétrole, mais cela risque fort de changer. Les émission de CO2 doivent être réduites et, sur le long terme, le pétrole va tout simplement s'épuiser. Les biocarburants peuvent devenir une véritable alternative au pétrole fossile, et nous avons hâte de nous impliquer dans le développement de composés taillés pour l'industrie du transport maritime. » explique Jacob Sterling, à la tête du département Climat et Environnement chez Maersk Line.''

L'un des problèmes soulevés est que l'augmentation de l'utilisation de la biomasse pour la production de biocarburant pourrait se faire au détriment de la production de nourriture et conduire à une compétition plus intense pour les terres cultivables. Selon les responsables de la plate-forme de recherche, il sera possible d'éviter cela en utilisant des variétés dites « à double-emploi », a partir desquelles on pourra produire à la fois de la biomasse végétale, à partir des tiges et des feuilles par exemple, tout en conservant intacte la quantité de graines destinées à l'alimentation.

    ''En tant que partenaires de ce projet de recherche, les composés prototypes seront testées à grande échelles sur des moteurs et des bateaux appartenant à MAN Diesel & Turbo et Maersk. « Le projet est non seulement très prometteur technologiquement mais il représente également de créer des emplois dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie et du transport en établissant de nouvelles possibilités pour la production de biocarburants au Danemark. En d'autres mots, la plate-forme permettra d'amener le pays à l'avant-garde de l'économie durable » continue le professeur Claus Felby.''

Un demi-siècle de galère

Publié le 23 janvier 2012

Source: Les Affaires, 21 janvier 2012

Par: François Normand

[En ligne]: http://www.lesaffaires.com/archives/generale/un-demi-siecle-de-galere/539905

 

Les démographes le prévoyaient, c'est maintenant fait : la pyramide des âges a basculé. Depuis juillet dernier, le Québec compte plus de personnes âgées de 65 et plus que de jeunes âgés de 15 ans et moins. De nouveaux marchés émergeront, d'autres déclineront. Et les entreprises devront s'adapter à une pénurie persistante de main-d'oeuvre... qui durera près d'un demi-siècle.

La pénurie de main-d'oeuvre vous donne des cauchemars ? Eh bien, vous n'avez rien vu ! Dès l'année prochaine, en 2013, la population québécoise en âge de travailler (les 15 à 64 ans) cessera de croître, selon les chiffres de Statistique Canada. Elle oscillera entre 5,3 et 5,4 millions de personnes pendant au moins 43 ans ! Et en 2050, le bassin de main-d'oeuvre se sera atrophier de 141 000 individus au Québec, soit l'équivalent de la ville de Sherbrooke.

«La situation est d'autant plus préoccupante que le Canada (sans le Québec) et les États-Unis continueront, eux, à voir leur bassin de main-d'oeuvre augmenter», souligne Luc Godbout, professeur à l'Université de Sherbrooke et chercheur à la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques.

Ainsi, de 2010 à 2030, le groupe des 15-64 ans diminuera de 3 % dans la province. Sur la même période, leur nombre progressera de 5,3 % au Canada (sans le Québec) et de 7,9 % aux États-Unis.

Ce déclin du bassin de main-d'oeuvre potentiel au Québec aura un impact majeur sur les entreprises. D'autant plus que d'autres défis risquent d'accentuer le problème : le boom des ressources naturelles dans l'Ouest canadien et le développement du Nord québécois.

Valoriser le travail


Pour ne pas connaître un déclin économique, le Québec devra valoriser davantage le travail, selon Pierre Plamondon. La solution, dit-il, passe entre autres par la bonification des retraites ajournées et par l'adoption de mesures facilitant la combinaison de revenus de retraite et de revenus de travail.

Pour sa part, Luc Godbout préconise une plus grande intégration des femmes sur le marché du travail. Par exemple, en 2008, le taux d'activité des femmes de 25 à 54 ans au Québec s'élevait à 83 % au Québec. Ce qui est mieux qu'en Ontario (82 %), mais beaucoup moins qu'en Suède (88 %).

Il reste que, pour continuer de grandir, nos entreprises n'auront pas le choix de faire preuve d'une grande ingéniosité au chapitre de la productivité.

«Seule une accélération des gains de productivité permettra vraiment d'éviter une baisse de régime trop prononcée de l'activité économique», souligne Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins.

Selon elle, si les gains de productivité au Québec se maintiennent au rythme des 10 dernières années (1 % en moyenne par année), la croissance économique descendra sous la barre du 1 % d'ici 2020, soit un rythme de croissance à l'italienne.

DES SOLUTIONS

Pas de panique : il existe des solutions pour limiter les effets de la pénurie de main-d'oeuvre. Plusieurs entreprises qui se heurtent à ce problème depuis des années ont réussi à prospérer malgré tout. Voici comment.

Automatiser pour libérer l'innovation

L'usine d'IBM Canada, à Bromont, automatise au maximum sa chaîne de production pour disposer d'un plus grand nombre d'employés qualifiés. Cela permet à ce fabricant de semi-conducteurs d'innover davantage, le nerf de la guerre dans cette industrie hyper concurrentielle.

«Nous modifions ou nous créons une pièce toutes les deux heures ! Il faut donc du personnel qualifié pour y arriver», laisse tomber le directeur de l'usine, Raymond Leduc.

Par exemple, l'usine de Bromont utilise des machines pour inspecter automatiquement des pièces, ce qui libère son personnel et lui permet de s'adonner à des taches plus créatives. «Auparavant, l'inspection était effectuée par une personne hautement spécialisée, explique Raymond Leduc. Aujourd'hui, cette personne se consacre à la conception ou à la modification de pièces.»

L'automatisation de l'usine permet aussi à des employés moins qualifiés de consacrer du temps à leur formation. Neuf d'entre eux étudient actuellement à temps plein au Cégep de Granby.

«Nous vivons une importante pénurie de spécialistes en instrumentation pour développer de nouveaux outils», précise Raymond Leduc. IBM n'avait pas le luxe d'attendre que de tels spécialistes arrivent sur le marché du travail. C'est pourquoi elle investit dans leur formation.

Investir dans la formation

Chez Supermétal, un fabricant-installateur de charpentes et de structures métalliques de Saint-Romuald, on combat la pénurie de main-d'oeuvre par la polyvalence des employés : «Nous formons nos employés pour qu'ils puissent occuper divers postes dans la chaîne de production, en fonction des besoins», raconte Martin Lafrance, directeur des ressources humaines.

L'entreprise - qui a aussi des usines à Sherbrooke, en Alberta et en Caroline du Sud - forme par exemple à l'interne ses travailleurs journaliers peu qualifiés pour en faire des soudeurs, un corps de métier que les entreprises des quatre coins du pays s'arrachent.

Une fois formé à la soudure, un travailleur journalier peut découper des pièces de métal avec une machine, pour ensuite les assembler et les souder pour faire des charpentes ou des structures métalliques. Auparavant, deux employés de Supermétal étaient requis pour cette opération.

Délocaliser la production

Louis Garneau Sports a ouvert une usine au Mexique en 2008 pour venir à bout de sa pénurie de main-d'oeuvre. Il y emploie 70 personnes

Même si les salaires sont deux fois moins élevés au Mexique qu'au Québec, Louis Garneau jure qu'il a avant tout investi au Mexique en raison de la pénurie de main-d'oeuvre dans la province. «Nous n'arrivons plus à recruter des couturières au Québec, confie Louis Garneau, fondateur et président de l'entreprise de Saint-Augustin-de-Desmaures. Il n'y pas de relève dans la couture au Québec. La moyenne d'âge de nos couturières est de 50 ans. Et on vit la même chose dans le nord-est des États-Unis !»

Selon lui, la Chine n'est plus une solution de rechange pour les entreprises comme la sienne. «Les coûts de la main-d'oeuvre y augmentent de 10 à 15 % par année.»

À ses yeux, le Mexique a plusieurs avantages. La main-d'oeuvre y est abondante et bien formée. De plus, le Mexique est membre de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et il a un accord de libre-échange avec les 27 pays de l'Union européenne, la plus grande économie du monde.

Embaucher à l'étranger

Schulte Industries se tourne vers l'étranger non pas pour délocaliser, mais pour recruter des soudeurs et des peintres industriels.

«Depuis 5 ans, nous avons ainsi embauché une vingtaine d'employés, surtout des soudeurs, en Ukraine, en Chine et aux Philippines», indique Kevin Dow, président de ce fabricant de coupeuses rotatives, de souffleuses et d'extracteurs de roches d'Englefeld, en Saskatchewan.

Schulte a recours aux services de firmes spécialisées en immigration comme CLS Consulting Lloydminster - Immigration Services. L'équipe de CLS aux Philippines fait «le premier tri» des ouvriers pouvant potentiellement travailler à l'usine et vérifie également qu'ils sont autorisés à immigrer au Canada. Quand ces deux étapes sont franchies, des recruteurs de Schulte se rendent sur place pour rencontrer les candidats sélectionnés.

«Nous pouvons ainsi bien jauger si ces travailleurs sont susceptibles de s'intégrer facilement à la culture de notre entreprise, au Canada, ce qui est loin d'être acquis», précise Kevin Dow. F.N.

LES CONSÉQUENCES SUR L'ÉCONOMIE DU QUÉBEC

Une croissance économique plus modeste

De 1981 à 2008, le produit intérieur brut réel (hormis l'inflation) du Québec a augmenté de 2 % par année. Or, de 2016 à 2056, cette moyenne devrait tomber à 1,5 %, dit Luc Godbout, chercheur à la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques à l'Université de Sherbrooke.

Une pression accrue sur les finances publiques

D'ici 2020, les revenus du gouvernement du Québec augmenteront sans doute moins rapidement que ses dépenses, notamment en raison du budget de la santé, note Robert Gagné, professeur titulaire à HEC Montréal, qui a participé au Comité consultatif sur l'économie et les finances publiques. En 2010, ce comité avait estimé que les revenus budgétaires progresseraient de 5,4 % par année, de l'exercice 2009-1010 à celui de 2013-2014, pour ralentir à 3,9 % , de l'exercice 2013-2014 à celui de 2019-2020. Par contre, pour les deux mêmes périodes, les dépenses budgétaires augmenteront respectivement de 3,5 % et de 4 %.

Un débat public centré sur la santé

Les partis politiques tiendront davantage compte des revendications des 65 ans et plus, dont le nombre connaîtra un boom dans les prochaines années. «La génération des baby-boomers a toujours été habituée à revendiquer des choses, et cela va continuer, même à la retraite», dit Jean-Pierre Beaud, doyen de la Faculté de science politique et de droit, à l'Université du Québec à Montréal. Et leurs principales revendications seront la santé et les soins pour améliorer leur bien-être. Cela risque de créer des tensions entre ce «pouvoir gris» et les jeunes adultes, qui paieront plus d'impôts et qui n'auront pas les mêmes préoccupations que leurs aînés.

Nouvelle-Écosse: Shell investit près de 1 milliard

Publié le 20 janvier 2012

Source: Argent, 20 janvier 2012

[En ligne]: http://tvanouvelles.ca/lcn/economie/archives/2012/01/20120120-141551.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

 

L'Office Canada-Nouvelle-Écosse des hydrocarbures extracôtiers (OCNEHE) a annoncé vendredi que la pétrolière a remporté les droits d'explorations sur quatre parcelles de terrain en eau profonde au sud-ouest de la province.

Une étude à laquelle ont participé l'Université Dalhousie et l'Université Saint-Mary's, à Halifax, ainsi que le ministère fédéral des Ressources naturelles a évalué le potentiel des réserves gazières de la région à 120 billions de pieds cubes (environ 3,4 billions de mètres cubes) et à 8 milliards de barils de pétrole.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Darrell Dexter, s'est dit heureux de ces investissements, mais il a précisé que le gros du travail reste à faire puisqu'il faut maintenant découvrir les gisements.

«Il est toutefois juste de dire que l'exploration au large des côtes de la province, combinée avec le développement hydroélectrique du Bas-Churchill, à Terre-Neuve-et-Labrador, et le contrat accordé au chantier maritime Irving pour la construction des navires militaires contribuera à soutenir l'économie de la Nouvelle-Écosse», a ajouté M. Dexter.

Cellectis et Total développent des substituts pétroliers à partir de microalgues

Publié le 20 janvier 2012

Source: Industrie et technologies, 17 janvier 2012

Par: Hugo Leroux

[En ligne]: http://www.industrie.com/it/cellectis-et-total-developpent-des-substituts-petroliers-a-partir-de-microalgues.12529?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+industrie-technologies+%28Industrie+%26+Technologies+%3A+%C3%A0+la+une%29#xtor=RSS-4

 

Cellectis, spécialiste français de l'ingénierie des génomes, a annoncé la signature d'un accord avec Total portant sur le développement de substituts pétroliers dérivés de microalgues.

Certaines micros algues ont la faculté de sécréter un taux élevé de lipides. Ces composés organiques peuvent être transformés, par voie chimique, en molécules carbonées plus ou moins longues, fournissant des substituts naturels aux dérivés pétrochimiques. Les applications sont nombreuses. Ainsi des biocarburants, mais aussi de nombreuses ''briques de base'' utilisées dans l'industrie chimique.

Seul hic, les procédés à base de micro algues sont encore limités par la stabilité et la productivité des populations de micro-organismes. Un problème que Total espère résoudre en se tournant vers l'ingénierie des génomes, cœur de métier de la société Cellectis. « L'ingénierie du génome consiste à réécrire partiellement les informations génétiques d'un organisme. Elle vise à renforcer ses caractères avantageux pour une application donnée », résume David Sourdive, Vice-Président Corporate Development de Cellectis.

Doper les traits naturels


Le programme de recherche comprendra une première phase d'une durée d'un an qui pourrait être suivie d'une seconde phase de deux à trois ans. Dans la première phase, Cellectis développera des méthodes et des outils d'ingénierie des génomes sur certaines espèces de micro algues. Celles-ci sont choisies en fonction de leurs aptitudes naturelles à alimenter un procédé de raffinage : robustesse ; tolérance aux variations de température et d'acidité du milieu de culture ; production de lipides ; etc. La seconde phase porterait sur la modification de leur métabolisme pour ''doper'' ces aptitudes. Le procédé de raffinage sera, lui, développé par Total.

« En cas de succès, une production industrielle serait envisageable d'ici 7 à 8 ans », prévoit David Sourdive. « Notre stratégie se focaliserait d'abord sur la production de substituts pour l'industrie pétrochimique, marchés à plus forte valeur ajoutée, avant de nous attaquer au marché très concurrentiel des carburants ».

Appel à la prudence - L'hiver et ses dangers

Publié le 19 janvier 2012

Source: CSST, 19 janvier 2012

[En ligne]: http://communiques.gouv.qc.ca/gouvqc/communiques/GPQF/Janvier2012/19/c5104.html

SAGUENAY, QC, le 19 janv. 2012 /CNW Telbec/ - La CSST rappelle que le travail à l'extérieur en saison froide présente des risques lors de très basses températures ou d'abondantes chutes de neige. Le travail au froid peut entraîner des gelures et, dans des cas plus graves, l'hypothermie et des lésions physiques permanentes. De plus, déneiger un toit peut exposer les travailleurs à des dangers de chute ou d'ensevelissement, sans oublier les risques pour la santé liés à l'intensité de l'effort ou au froid. Il est possible de prévenir les accidents!

Avant toute chose : se protéger du froid

Lorsque le corps est exposé au froid, les pertes de chaleur risquent d'excéder les gains, et la température corporelle peut s'abaisser anormalement. C'est ce qu'on appelle une contrainte thermique par le froid. L'exposition au froid peut ainsi affecter les extrémités du corps (doigts, orteils, nez, joues, oreilles) ou encore entraîner l'hypothermie.

Selon le contexte de travail, vous pouvez prendre différentes mesures préventives pour éviter la contrainte thermique par le froid :

    * chauffez les postes de travail;
    * disposez d'abris chauffés;
    * recouvrez les poignées et les barres métalliques d'un isolant thermique;
    * portez des vêtements adaptés à la température et aux tâches à exécuter, par exemple portez plusieurs épaisseurs, et couvrez votre tête;
    * alternez les périodes de travail et de réchauffement;
    * réorganisez le travail pour accomplir les tâches à l'extérieur durant les périodes les plus chaudes de la journée.

Si un de vos collègues ou de vos employés souffre de contrainte thermique par le froid, prodiguez les premiers secours et ayez recours à une aide médicale.

Déneiger un toit sans risque

Voici quelques conseils à suivre pour déneiger un toit en toute sécurité :

    * Évaluer les risques liés aux conditions climatiques, à la quantité de neige et au lieu de travail (localisation, dimensions, pente du toit, accessibilité, solidité et adhérence).
    * Autant que possible, effectuer le travail à partir du sol. Très souvent, il s'avère suffisant que le travailleur garde les deux pieds sur la terre ferme pour enlever la neige à l'aide d'un râteau de toit muni d'un long manche.
    * Lorsque l'aménagement des lieux au sol le permet, utiliser un appareil de levage pour personne (plate-forme élévatrice, engin élévateur à nacelle, plate-forme à mât articulé), qui limite les dangers de chute lors du déneigement.
    * Les travailleurs doivent être protégés contre les chutes dès qu'ils sont exposés à une chute de plus de 3 mètres : utiliser des garde-corps ou un équipement de protection individuelle, comme un harnais de sécurité avec absorbeur d'énergie, solidement fixé à un point d'ancrage dont la résistance est appropriée.
    * Identifier la zone de déversement de neige et en interdire l'accès aux moyens de signaux de danger et de barricade afin d'éviter les risques qu'une personne soit heurtée par la neige ou la glace déversée.
    * En ce qui concerne les abris temporaires, de type Tempo, ils doivent être déneigés avec un râteau. Il ne faut jamais effectuer le déneigement en poussant la toile à partir de l'intérieur, car l'abri pourrait s'effondrer sur le travailleur.
    * Adapter le rythme de travail en fonction de la condition physique des travailleurs et des conditions climatiques. Une période de réchauffement est souhaitable avant de commencer le pelletage.

Recrutement : Génération Y

Publié le 19 janvier 2012

Source: Le nouvel économiste, 19 janvier 2012

Par: Lorélie Carrive

[En ligne]: http://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/recrutement-generation-y-13361/

Jeans, casque sur les oreilles, page Facebook ouverte en permanence, les 18-30 ans déconcertent parfois managers et recruteurs. Génération plus individualiste et plus solidaire à la fois, elle exprime des attentes professionnelles différentes de celle qui la précède. Pour capter ces jeunes talents, les entreprises n'ont d'autre choix que d'innover dans leurs méthodes de recrutement et de repenser leur discours. Moins rigide, plus ouvert au dialogue. Une opération séduction qui s'opère parfois bien en amont de la phase de recrutement. Et qui peut prendre des formes très originales.

"Si la jeunesse n'a pas toujours raison, la société qui la méconnaît ou qui la frappe a toujours tort", disait François Mitterrand. Il en va aujourd'hui de même pour les entreprises. D'un côté, des jeunes aux valeurs et exigences différentes de celles de leurs aînés. De l'autre, des recruteurs bien obligés de suivre le mouvement s'ils veulent capter l'intérêt de ces fraîches pépites.

Car fini la génération qui se voyait faire carrière dans la même entreprise toute sa vie. Celle qui s'orientait presque mécaniquement vers les grands groupes. Fini, les itinéraires tout tracés. Les 18-30 ans d'aujourd'hui, ceux-là même qu'on désigne comme la génération Y, sont mobiles, voire instables. Une génération du zapping. Ils ont intégré le fonctionnement d'Internet, la rapidité des flux et l'usage des réseaux sociaux. "Ils n'attendent pas de nous qu'on leur apporte l'information, reconnaît Arnaud Cantet, du cabinet de recrutement Lincoln et Associates. Ils vont la chercher eux-mêmes sur le Web, quand ils ne l'ont pas avant nous."

Un sens à sa vie

Nourris par la mondialisation, ils accordent une importance prépondérante au développement durable et à l'implication sociétale de leurs employeurs. "C'est une génération qui a besoin de donner un sens à sa vie. Pour elle, la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise est un must-have", analyse François de Wazières, directeur international du recrutement chez L'Oréal. Alors que leurs aînés privilégiaient d'abord un nom, une marque, ces jeunes-là s'intéressent aux valeurs et aux engagements de l'entreprise. "J'ai besoin de m'identifier aux valeurs de ma boîte, confie Thibault Marais, 24 ans, ingénieur agronome. Et je ne veux pas que ce soit juste de l'affichage ou du greenwashing, mais une véritable adéquation." Les grandes écoles l'ont d'ailleurs bien compris et proposent depuis quelques années des cursus en accord avec ces attentes : master développement durable chez HEC, cours spécialisés dans les achats responsables chez Négocia, pour ne citer qu'eux.

Résultat : plus question de travailler pour n'importe qui. Une redistribution s'opère entre les secteurs qui ont la cote et ceux qui suscitent plus de méfiance. Très attractifs : le luxe, associé au bien-être, et les énergies durables. A l'opposé, certains jeunes choisiront délibérément d'écarter de leur parcours, et ce malgré des salaires plus alléchants, la finance, le nucléaire, le pétrole ou les laboratoires pharmaceutiques. "J'ai vu des candidats tourner le dos à un poste d'ingénieur pour un logiciel financier, alors que c'était pour l'une des entreprises qui paient le mieux en France, raconte Jacques Froissant, recruteur chez Altaïde. Mais que voulez-vous, c'est un phénomène récurrent : en pleine crise financière, certains refusent de se mettre au service d'un système qui s'emballe."

Plus éthique, la génération Y n'en est pas moins plus individualiste. Pas question non plus pour elle de sacrifier sa vie privée sur l'autel de la sphère professionnelle. La carrière, certes, importe, mais tout autant que la possibilité d'avoir du temps libre.

Autre spécificité de cette génération qui a grandi la main sur la souris : l'attrait grandissant pour les entreprises de taille moyenne plutôt que les très grandes entreprises. Plus souples, les start-ups séduisent. "Ils n'aiment pas l'idée de hiérarchie, d'anonymat, observe Jacques Froissant. L'avantage des entreprises de taille moyenne, c'est leur structure horizontale : tout le monde a accès à tout le monde. Tout comme sur Internet en fait." Thibaud Aguilée, jeune urbaniste parisien confirme : "bosser pour une grosse boîte a toujours été ma hantise. Je travaille dans un bureau d'étude, nous sommes dix au total. Je peux aménager mes horaires. On me confie des dossiers. Dans une grande entreprise, les premières années, j'aurais été considéré comme un stagiaire". De la même façon, ils sont de plus en plus nombreux, en sortie d'école, à choisir la voie de l'auto-entreprenariat. Pas de patron, une plus grande liberté de manœuvre, et surtout, l'envie de replacer l'individu au cœur de son univers professionnel plutôt que d'en faire un maillon de la chaîne.

Mais alors, qu'en est-il du salaire, des perspectives de l'entreprise ? Effacées, dépassées ? Pas vraiment, répond Eric Singer, du cabinet de recrutement Singer & Hamilton, pour qui la volonté de faire carrière domine toujours. "RSE ou pas, ce qui compte en premier lieu, au moment de l'embauche, c'est le feeling avec le patron, les perspectives de l'entreprise, le salaire et la bonne définition du poste. S'il est indiscutable que la génération Y est plus sensible aux questions sociétales, ces enjeux se cantonnent parfois à la vie privée." De fait, la rémunération arrive au deuxième rang des préoccupations des jeunes à la recherche d'un emploi, derrière la définition du poste. "C'est compliqué, résume une jeune diplômée de l'Essec, initialement tentée par le développement durable, et aujourd'hui chez Canal Plus. A la fois on a envie d'être dans une entreprise humaine, responsable sur le plan économique et environnemental et en phase avec nos idéaux, et en même temps il nous faut une expérience solide à mettre sur notre CV."

Recrutement new age

Reste que pour capter les meilleurs talents et ainsi faire la différence, les entreprises doivent s'adapter. Question de compétitivité. "Chez L'Oréal, on se super-intéresse aux jeunes, proclame ainsi François de Wazières. Ils sont l'avenir du groupe. C'est pourquoi, si on veut les attirer chez nous, il faut que l'on soit sûr que l'histoire qu'on leur raconte les intéresse." D'où la nécessité de repenser la façon dont on s'adresse à eux. "Il ne s'agit plus seulement d'une opération de sélection, mais aussi de séduction" lâche Philip Jordan, directeur du recrutement chez Total. Mais comment leur donner envie, comment les séduire à l'heure où les méthodes de recrutement traditionnelles suscitent les plus vives critiques ?

Dernière polémique en date, celle soulevée par le documentaire La Gueule de l'emploi, diffusée le 6 octobre dernier sur France 2. Celui-ci retrace le processus de sélection de dix candidats pour un poste de commercial au sein de GAN prévoyance. Pendant deux jours, les postulants doivent se livrer à une série de tests visant à évaluer leurs aptitudes à la vente et sont régulièrement soumis aux commentaires acerbes des recruteurs. "Humiliant", "inhumain", "sadique", se sont indignés les internautes après la diffusion.

Et pourtant, cette technique de mise en concurrence des candidats est fréquemment utilisée par les cabinets de recrutement. Seulement, constate Arnaud Cantet, de Lincoln et Associates, elle ne fonctionne pas avec la génération Y. "Plutôt qu'un rapport d'ascendance, au moment de l'entretien, les candidats vont apprécier un rapport équilibré. Autrement ils risquent de se braquer." Les jeunes garderont une image nettement plus favorable de l'entreprise après un entretien basé sur l'échange plutôt que sur des techniques de déstabilisation. D'autant qu'un entretien mal vécu peut être rédhibitoire. "J'ai été dégoûtée de plusieurs boîtes après des entretiens d'embauche, se souvient Elodie Charrier, 24 ans, sortie il y a un an et demi de la Rouen Business School. Plusieurs fois, je me suis retrouvée face à des personnes extrêmement désagréables, à la limite de la grossièreté. Comment avoir envie de travailler pour l'entreprise après une expérience comme celle-là ?"

Il s'agit donc, pour les recruteurs, de trouver un mode d'échange alternatif, moins formel, même si le fond, lui, change peu. Anecdotique à première vue, la question vestimentaire n'en est pas moins révélatrice de l'évolution des méthodes et des mentalités. L'uniforme costume-cravate, synonyme pour beaucoup de contrainte et d'inconfort, est mis à mal par les jeunes : les recruteurs voient régulièrement arriver en entretien des candidats en tenue plus ou moins décontractée. Sans cravate, parfois en jean. Et il faut bien faire avec. "On ne fait plus une fixation sur le port de la cravate, reconnaît Philip Jordan, de Total. Si le candidat en porte une, très bien. Mais on préfère d'abord écouter ce qu'il a à dire."

Entretien moins formel donc, et mais aussi plus personnel. C'est ainsi qu'Arnaud Cantet préconise l'abandon des présélections par téléphone. "Il faut absolument privilégier le face-à-face, pour faire sentir au candidat qu'on lui accorde toute la place qu'il mérite." Flavien Revenu, ancien DRH chez AsteelFlash, va même jusqu'à s'entretenir avec les postulants dans des bars ou des cafés, plutôt que dans son bureau. "Au début, bien sûr, ça peut surprendre. Mais au final, ça instaure un échange plus spontané, les jeunes apprécient."

Au-delà de la forme, il est primordial de savoir répondre aux questions du candidat. "La génération Y veut du sens, des réponses. On ne peut pas lui répondre simplement "parce que", il faut lui expliquer le pourquoi, atteste François de Wazières. D'où l'importance de former les recruteurs à adopter ce type d'attitude." Ainsi, pour donner du sens, la consigne est souvent donnée de raisonner non plus en termes de poste mais en termes de missions, d'objectifs, de responsabilités. La dynamique, plutôt que l'enfermement dans une case. Mettre en avant les atouts de l'entreprise, afin de faire oublier, parfois, ses aspects plus négatifs. La promesse de mobilité, également, est essentielle. Mobilité géographique, d'abord, puisque de plus en plus de jeunes conçoivent une partie de leur vie professionnelle à l'étranger, mais aussi dans l'entreprise, avec une diversité des missions. "Il faut donner à l'ingénieur qui le souhaite la possibilité de faire du commerce", résume François de Wazières.

Séduction, cas pratiques

Mais pour qu'il y ait entretien, encore faut-il que les candidats s'intéressent à l'entreprise. Aussi celles-ci rivalisent-elles d'inventivité pour se mettre à la page et ainsi appâter les nouvelles générations. Les réseaux sociaux, tels que LinkedIn ou Viadeo sont un moyen efficace pour sourcer les candidats. Très en vogue également, les sessions de recrutement sur Second life, les "speed recruiting", ou encore les tournois de football et de poker avec embauche à la clé. "Une technique qui fonctionne, raconte Arnaud Cantet, c'est de contacter le jeune qui nous intéresse sous un autre prétexte que celui d'une embauche. On essaie de cibler ses hobbies, ses centres d'intérêt afin que lui aussi s'intéresse à nous." C'est ainsi que par exemple, Criteo, société de cryptage publicitaire, a lancé un concours de codage informatique à destination des développeurs. L'aspect ludique, associé au challenge, étant le moyen d'attirer et détecter les meilleurs talents.

Ludiques également, les serious games, ces jeux pédagogiques qui s'inspirent des jeux vidéo si chers à la génération Y. L'Oréal a été l'un des pionniers en la matière. Aujourd'hui, son jeu en ligne "Reveal" s'adresse à toutes les catégories d'étudiants, et leur propose d'endosser le rôle d'un junior au sein du groupe. Après trois à cinq heures de jeu, les participants sont censés avoir découvert quel métier de L'Oréal leur correspondrait le mieux. Un programme coûteux, qui, selon l'entreprise, a permis de recruter plus de deux cents personnes dans le monde entier et est toujours utilisé par cent cinquante recruteurs. Depuis, l'initiative a inspiré d'autres entreprises dont Total, qui a lancé l'année dernière son jeu "Genius, Play the Energy", et dont la première session, en novembre dernier, a réuni cinq mille participants.

L'objectif de ces jeux, c'est bien sûr d'abord d'assurer à l'entreprise une visibilité auprès des jeunes, en se faisant connaître sous un autre jour. Un procédé qui complète une présence active sur les campus des écoles et des universités. Pour Total, celle-ci passe par des "campus ambassadeurs", des salariés désignés pour représenter le groupe auprès de leur ancienne école. SFR, de son côté, s'immisce directement dans les amphithéâtres en proposant aux étudiants d'HEC de résoudre certains de ses cas marketing. Plus largement, les entreprises s'attachent à nouer des partenariats afin de créer le maximum de contacts. Décidément très actif sur la question, Total organise depuis six ans une université d'été qui réunit une centaine d'étudiants. Au programme : débats et réflexion sur le thème de l'énergie. Un moyen également de faire tomber certaines réticences sur la question du pétrole.

Evidemment, toutes ces opérations ont un coût. L'investissement en vaut-il la peine ? En 2008, le speed recruiting mené par Accenture s'était montré peu concluant. Trente personnes embauchées au cours de l'opération n'ont pas été reconduites après leur période d'essai. Reste que pour Arnaud Cantet, cette évolution est indispensable. "Même si l'on tâtonne encore, les entreprises doivent se réinventer. Sous peine de laisser les étudiants diplômés fuir à l'étranger et nous retrouver en situation de pénurie des talents."

Attractivité du secteur public

Dépoussiérage en cours

La relation entre la génération Y et les recruteurs de la fonction publique diffère de celle observée dans le privé. Les concours d'entrée opèrent comme un premier filtre : une fois passée cette sélection, les lauréats ont la quasi-certitude d'obtenir un emploi. Pourtant, collectivités et administration de l'Etat restent sensibles à la question des jeunes, soucieuses d'apparaître en phase avec leur temps. Ainsi, au cours des trois dernières années, la plupart des épreuves d'entrée ont subi des modifications. "On s'est attaché à dépoussiérer les 400 concours de la fonction publique, insiste Laurent Gravelaine, sous directeur à la Direction gouvernementale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP). Notre objectif a été de diminuer le nombre d'épreuves, et dans le même temps d'augmenter les cas de mise en situation." Une évolution qui s'inspire largement des pratiques du privé.

L'enjeu principal, pour la fonction publique, reste celui de son attractivité. Lutter contre l'image d'une administration sclérosée et de fonctionnaires bureaucrates sans ambition. "Nous devons prouver aux jeunes que le secteur public n'est pas ringard, que nous sommes des fonctionnaires investis d'une mission" analyse Marc Calling, directeur des ressources humaines au conseil général des Yvelines. Oui, mais comment ? Beaucoup moins présentes sur les campus que les entreprises privées, collectivités et administration font de ponctuelles apparitions au Salon de l'emploi public. "Pour attirer les jeunes, nous insistons sur la diversité de nos métiers, souvent méconnus, affirme une responsable du recrutement au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. C'est aussi ce que permet la communication institutionnelle : en expliquant ce que nous faisons sur le plan de la santé, des transports, des énergies renouvelables, nos grands chantiers régionaux, nous montrons aux jeunes l'étendue des domaines dans lesquels nous sommes présents."

Mais pour aller chercher les bons éléments à la source, rien de tel que l'alternance et l'apprentissage, très prisées par les collectivités. "Un gros effort a été fait dans ce domaine, reconnaît Marc Calling. Au conseil général des Yvelines, on a mis en place une véritable politique d'apprentissage, si bien que de zéro apprentis il y 5 ans, on est passé à cinquante cette année, que ce soit dans le domaine du droit, de l'ingénierie, du BTP, de la culture ou des ressources humaines." Ensuite, les étudiants sont largement incités à passer les concours, parfois aidés par des formations spéciales. "L'intérêt pour nous, c'est qu'on se retrouve avec des jeunes beaucoup plus employables. Et en même temps, cela a provoqué de notre côté une prise de conscience, en nous amenant, grâce à leurs questions, à nous interroger sur nos pratiques."

Vers la création d'une banque d'exposition professionnelle aux agents toxiques

Publié le 18 janvier 2012

Source: IRSST, 17 janvier 2012

[En ligne]: http://www.irsst.qc.ca/-communique-vers-la-creation-d-une-banque-d-exposition-professionnelle-aux-agents-toxiques-2012-12-17.html

Montréal, le 17 janvier 2012 - Une étude financée par l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) a exploré le potentiel d'utilisation des données d'exposition des travailleurs du Québec aux agents toxiques recueillies par les intervenants du Réseau public de santé au travail depuis le début des années 1980. Les chercheurs ont notamment utilisé la banque LIMS de l'IRSST pour élaborer une cartographie des résultats d'analyses environnementales par contaminant, par période temporelle et par localisation géographique. (Voir l'outil ÉDALI : http://www.irsst.qc.ca/-outil-edali.html)

Atouts et limites

Ces données comportent de nombreux atouts : elles sont pertinentes au contexte québécois et couvrent géographiquement et historiquement une large gamme de contaminants dans un grand nombre de milieux de travail, en plus d'être accompagnées d'une information contextuelle détaillée. Les données étudiées comportent cependant diverses limites, notamment en raison de leur concentration dans les secteurs primaire et secondaire de l'industrie. Il y a également des biais potentiels reliés aux stratégies d'échantillonnage. « Ces biais ne sont toutefois pas spécifiques aux données québécoises. Ils affectent l'ensemble des banques de données (BD) nationales, et peuvent être corrigés en bonne partie par l'emploi de méthodes statistiques. Si l'on tient compte de leurs limites, les BD d'exposition demeurent une source d'information privilégiée », précise l'auteur principal de l'étude, le chercheur Jérôme Lavoué de l'Université de Montréal, qui conclut qu'il est « parfaitement envisageable » de créer une banque d'exposition professionnelle québécoise à partir des données du Réseau.

Source utilisable

Les chercheurs ont non seulement démontré la faisabilité technique d'un tel projet de BD québécoise, mais ils ont également suggéré une infrastructure pour sa réalisation. Cette éventuelle BD comporterait plus de 700 000 mesures couvrant la période 1980-2010. Elle représenterait une source d'information utilisable pour de nombreuses années dans plusieurs champs d'application et deviendrait un outil de prévention et de recherche en santé au travail unique au Canada et comparable aux grandes banques nationales. Sa pérennisation serait assurée par l'établissement de liens avec le Système d'information en santé au travail (SISAT) du ministère de la Santé et des Services sociaux, qui a été mis en place en 2007.

Le rapport de l'IRSST peut être consulté à http://www.irsst.qc.ca/ 

© 2019 Coeffiscience. Tous droits réservés. Conception & réalisation du site par HPJ.