(ANGLAIS) Étude d'un biologiste sur la production de bio-carburant par les plantes

Publié le 14 août 2015

A Kansas State University biochemistry professor has reached a milestone in building a better biofuel: producing high levels of lipids with modified properties in oil seeds.

Timothy Durrett, assistant professor of biochemistry and molecular biophysics, and collaborators at Michigan State University and the University of Nebraska, Lincoln have modified Camelina sativa -- a nonfood oilseed crop -- and produced the highest levels of modified seed lipids to date. By modifying the oilseed biochemistry in camelina, the researchers have achieved very high levels of an oil with reduced viscosity and improved cold temperature characteristics.

The goal of the research is to alter oilseeds to produce large amounts of modified oil that can be used as improved biofuels or even industrial and food-related applications. The research recently appeared in the journal Industrial Crops and Products and on the front cover of the Plant Biotechnology Journal.

"Reducing our dependence on fossil fuel-derived carbon is always good," Durrett said. "Using alternative sources of fuel is the obvious way to reduce our dependence. But even other applications, such as using it for lubricants or as feedstocks for the chemical industry, would help reduce our dependence on fossil-derived carbon."

Camelina can grow on poorer quality farmland, needs little irrigation or fertilizer, and produces seeds that can provide gallons of oil, Durrett said. It also can be rotated with wheat and could become a biofuel crop for semi-arid regions, including western Kansas and Colorado.

The camelina genome was recently sequenced, which has greatly helped Durrett and collaborators as they improve camelina's oil properties to produce low-viscosity oil -- the kind of oil needed for biofuel. By modifying the oilseed biochemistry in camelina, the researchers were able to get very high levels of the modified oil, which are called acetyl-TAGS. In the best camelina lines, about 85 percent of the oil was comprised of the modified acetyl-TAGs.

One of the team's goals is to make commercial products using oils from the engineered plants. The researchers are analyzing these oils because their acetyl-TAGs possess unusual structures and have high value-added properties.

"The basic problem is that most of our oilseed crops -- such as canola or soybean -- produce just a few fatty acids because we use them for nutritional needs," Durrett said. "That's great for a source of food, but makes doing any sort of chemistry more complicated."

The researchers think that camelina producing acetyl-TAGs is a renewable resource with potential industrial uses, including plasticizers, biodegradable lubricants and food emulsifiers.

"The food industry uses similar compounds already," Durrett said. "What we need to do is first of all see if our oil is safe and can match those specifications. Probably one of the most valuable parts of this research is that we can generate meaningful data sets because of the oil's properties and we can learn more about the oil itself and what it can do."

Kansas State University, 2015
[En ligne] http://www.sciencedaily.com/releases/2015/08/150813123053.htm

BASF renforce ses positions en Chine dans les revêtements

Publié le 13 août 2015

Le leader mondial et allemand a inauguré mi-août son unité de résines et d’électro-revêtements au cœur du Shanghai Chemical Industry Park, en Chine. Annoncé l’an dernier, ce projet va permettre à BASF de renforcer en Chine et en Asie-Pacifique son réseau de production de revêtements de haute performance. Ni les capacités ni les investissements nécessaires n’ont été divulgués. Environ 70 postes ont été créés sur place. La nouvelle unité est directement intégrée à celle, adjacente, de revêtements automobiles de BASF Shanghai Coatings, coentreprise entre BASF et Shanghai Coatings Company, qui avait démarré l’an dernier à Shanghai. Le chimiste allemand espère ainsi accroître encore ses positions et son offre dans les revêtements automobiles dans la zone Asie-Pacifique. Le projet correspond aussi à l’objectif de BASF de fabriquer en Asie-Pacifique 75% des produits qu’il écoule dans la région.

Info chimie, 2015
[En ligne] http://www.industrie.com/chimie/basf-renforce-ses-positions-en-chine-dans-les-revetements,66115#xtor=RSS-31

Sondage FCEI : les mythes de la formation dans les PME déboulonnés

Publié le 13 août 2015

MONTRÉAL, le 12 août 2015 /CNW/ - Selon le rapport publié aujourd'hui par la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), les PME canadiennes investissent en moyenne 31 000 $ par année dans la formation de leurs employés et ce sont les petites entreprises (moins de 20 employés) qui, proportionnellement, investissent le plus par employé. En effet, ce sondage révèle que ces dernières consacrent en moyenne près de 2 000 $ par employé par année, alors que ce montant se chiffre à environ 1 700 $ chez celles comptant entre 100 et 499 employés. « Ces données viennent remettre en cause l'idée souvent véhiculée que les petites entreprises investiraient moins dans la formation de leurs travailleurs. Les entrepreneurs savent que de bien former leurs employés, que ce soit en faisant de la formation formelle ou informelle, s'avère souvent un bon investissement pour l'entreprise, peu importe sa taille », indique Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI.

 

Formation formelle ou informelle?
Les données recueillies par la FCEI montrent que, globalement, la formation réalisée informellement dans le milieu de travail est offerte par environ 90 % des PME et représente des investissements de 9 milliards $ par année. Ce montant équivaut à 64 % des 14 milliards $ investis au total dans la formation formelle et informelle par les PME canadiennes.

 

« La formation formelle est certes importante, mais ce qu'on apprend en cours d'emploi ne peut pas nécessairement s'apprendre sur les bancs d'école, précise Martine Hébert. Apprendre à compter et apprendre à tenir la caisse dans un magasin sont deux choses bien différentes. Or, il n'y a pas vraiment de cours offerts sur comment tenir une caisse enregistreuse, comment la balancer, comment compter le change, comment faire les dépôts, etc.  C'est d'ailleurs pourquoi l'expérience professionnelle représente un atout recherché par les employeurs ».

 

Des coûts de formation qui varient selon l'expérience
Les coûts de formation des travailleurs sans expérience professionnelle sont évidemment plus importants. En effet, les petites entreprises investissent en moyenne plus de 4 200 $ dans la formation d'un nouvel employé sans expérience, ce qui est nettement plus élevé que l'investissement moyen pour former un employé qui a de l'expérience. Or le sondage de la FCEI rappelle que les travailleurs sans expérience professionnelle occupent une plus grande proportion des nouveaux employés dans les petites entreprises (18 %) comparativement aux PME de plus grande taille (9 %).

 

Un investissement pour la concurrence?
Bien que 85 % des propriétaires de PME estiment qu'il est de leur responsabilité de fournir de la formation à leurs nouveaux employés, bon nombre d'entre eux craignent malheureusement de ne pas récolter le fruit de leur investissement. En effet, 60 % des entrepreneurs ont peur que leurs employés soient repêchés ailleurs et les quittent après avoir reçu une formation chez eux. « Ces craintes sont compréhensibles, car il arrive souvent que les employés formés par les petites entreprises soient sollicités ou recrutés par d'autres employeurs de plus grande taille, publics ou privés. Les petits entrepreneurs sont heureux de contribuer à la formation de la main-d'œuvre, mais il faut les aider à mieux rentabiliser leurs investissements en la matière », ajoute Mme Hébert.

 

Mieux soutenir les PME et leurs travailleurs
Alors que quelques pas ont été effectués dans la bonne direction, la FCEI croit que les gouvernements doivent en faire plus pour reconnaître et soutenir les besoins spécifiques en matière de formation dans les petites entreprises au pays. « C'est pourquoi nous demandons à tous les partis politiques fédéraux de même qu'aux gouvernements provinciaux et territoriaux de mettre en place un crédit d'impôt universel pour la formation qui reconnaisse la formation informelle. Soixante pour cent des propriétaires de PME sont d'avis que cela renforcerait leur capacité à former la main-d'œuvre, une force dont ils ont grandement besoin pour continuer de soutenir l'économie canadienne aujourd'hui comme demain », conclut Mme Hébert.

 

Lisez le rapport intégral, Renforcer les possibilités de formation dans les petites entreprises

 

À propos de la FCEI
La FCEI est le plus grand regroupement de petites et moyennes entreprises du Canada, comptant 109 000 membres dans tous les secteurs et toutes les régions, dont 24 000 au Québec.

 

Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, 2015
[En ligne] http://www.newswire.ca/fr/news-releases/sondage-fcei--les-mythes-de-la-formation-dans-les-pme-deboulonnes-521528321.html?p=620076

Nemaska Lithium fournit une mise à jour relative aux relations avec les communautés pour son projet minier Whabouchi

Publié le 13 août 2015

QUEBEC, QUEBEC--(Marketwired - 12 août 2015) - C'est avec plaisir que Nemaska Lithium Inc. ("Nemaska Lithium" ou "la Société") (TSX CROISSANCE:NMX)(OTCQX:NMKEF) fournit une mise à jour relative aux relations qu'elle entretient avec les communautés concernées pour son projet minier Whabouchi. En effet, au cours des dernières semaines, des gestes significatifs ont été posés par Nemaska Lithium en ce qui a trait aux relations qu'elle a établies avec la Nation crie de Nemaska et les communautés de Chibougamau et Chapais, Québec.

Le 14 juillet 2015 avait lieu la rencontre de démarrage du Comité de mise en place Whabouchi ("WIC") à la suite de la signature de l'Entente Chinuchi en novembre 2014 avec la Nation crie de Nemaska, le Gouvernement de la Nation crie et le Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee). Les objectifs de cette rencontre initiale étaient de confirmer les membres du WIC, de donner l'opportunité à chacune des parties impliquées de fournir une mise à jour relative à leurs différentes tâches et, finalement, de discuter de certains des principaux enjeux sous la responsabilité du Comité, soit la formation, la mise en place des autres comités inclus dans l'Entente et le début des discussions concernant l'élaboration d'un plan de communication.

Le 3 août 2015, Nemaska Lithium procédait à l'embauche de Bruno Ouellet à titre de Responsable des ressources humaines. A ce titre, il sera en charge des multiples tâches associées à l'identification, la définition et la documentation des opportunités d'emplois et de formation associées au développement du projet minier Whabouchi. M. Ouellet oeuvrera en collaboration étroite avec le Directeur Responsabilité environnementale et sociale de Nemaska Lithium, M. Simon Thibault, afin de faciliter l'accès à ces opportunités pour les communautés locales, cries et jamésiennes. M. Ouellet détient un baccalauréat en Relations industrielles de l'Université Laval et possède quinze ans d'expérience en ressources humaines et en santé et sécurité. De 2003 à 2011, M. Ouellet a développé d'excellentes relations avec les Cris de la région Eeyou Istchee en travaillant pour le Conseil cri pour la santé et les services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ). Depuis 2011, Il a contribué au démarrage de certains projets dans le domaine des ressources au Canada et en Afrique.

En septembre 2015, M. Ouellet se rendra dans la région d'Eeyou Istchee Baie-James afin d'y rencontrer les principaux intervenants impliqués dans le domaine du développement économique et de l'éducation/formation, et ce afin d'identifier quelles sont les capacités locales et régionales et la manière avec laquelle Nemaska Lithium peut devenir leur partenaire et ainsi maximiser les bénéfices économiques locaux et régionaux du projet minier Whabouchi.

Aussi au cours du mois de septembre 2015, M. Simon Thibault passera près d'un mois dans la communauté crie de Nemaska afin d'y tenir une rencontre d'information pour la communauté et d'y détailler et expliquer les conditions incluses dans les permis provincial et fédéral, et ce puisque Nemaska Lithium a obtenu une décision fédérale positive le 29 juillet 2015 et s'attend à obtenir le certificat d'autorisation provincial d'ici la fin août 2015. De plus, puisque l'Agent de relations avec les communautés (ou agent de liaison), M. Greg Jolly, a été élu à titre de Vice-Chef de la Nation crie de Nemaska et donc a dû quitter son poste au sein de la Société, M. Thibault entamera des discussions dans la communauté afin d'identifier des candidat(e)s potentiel(le)s pour le poste d'Agent de liaison, avec pour objectif que ce processus soit terminé d'ici à la fin de 2015. Dans le cadre de ce voyage, M. Thibault rencontrera aussi les représentants des communautés de Chibougamau et Chapais afin de leur fournir une mise à jour de l'avancement du projet.

Toute l'équipe de Nemaska Lithium souhaite remercier sincèrement M. Greg Jolly pour son excellent travail depuis octobre 2012 à titre d'Agent de relations avec les communautés et lui souhaite le meilleur des succès à titre de Vice-Chef de la Nation crie de Nemaska.

Finalement, afin de respecter entièrement les meilleurs pratiques de l'industrie minière ainsi que certains de ses principaux engagements pris dans le cadre de la procédure d'évaluation environnementale, Nemaska Lithium travaille actuellement à l'élaboration de sa Politique de développement durable et de sa Stratégie d'emploi et d'approvisionnement local et régional, lesquelles seront adoptées et mises en place au cours du Q4-2015. De telles actions démontrent de la volonté de Nemaska Lithium de développer et exploiter une mine qui ne fait pas que respecter les exigences réglementaires applicables, mais aussi les meilleures pratiques de l'industrie minière. Ces documents seront aussi présentés aux communautés de Nemaska et Chibougamau-Chapais avant d'être finalement adoptés.

"Les multiples actions initiées et complétées par Nemaska Lithium au cours des récentes semaines illustrent la rapidité avec laquelle le projet Whabouchi va de l'avant alors que la procédure d'évaluation environnementale applicable tire à sa fin," a commenté Simon Thibault, Directeur Responsabilité environnementale et sociale de Nemaska Lithium. "Nous ne voyons toutefois pas un tel progrès comme étant une conclusion aux engagements pris par Nemaska Lithium à développer et exploiter une mine qui soit socialement et environnementale responsable, mais plutôt comme un départ. Les Cris et les Jamésiens appuient notre projet depuis le début et nous sommes engagés à maintenir et améliorer la qualité des relations que nous avons établies avec eux au cours des dernières années."

A propos de Nemaska Lithium

Nemaska Lithium veut devenir un producteur d'hydroxyde de lithium et de carbonate de lithium destinés principalement au marché en pleine croissance des batteries au lithium, lequel est largement propulsé par la demande en véhicules électriques, téléphones cellulaires, tablettes et autres produits électroniques destinés à la consommation. Au Québec, la Société développe l'un des plus importants gisements de spodumène au monde, tant en volume qu'en teneur. Le concentré de spodumène qui sera produit à la mine Whabouchi de Nemaska Lithium sera envoyé à l'usine de seconde transformation que la Société entend construire dans le Sud du Québec. Cette usine transformera le concentré de spodumène en hydroxyde de lithium et en carbonate de lithium de haute pureté grâce à des méthodes exclusives de production pour lesquelles la Société a déposé des demandes de brevets.

La Bourse de croissance TSX et son fournisseur de services de réglementation (au sens attribué à ce terme dans les politiques de la Bourse de croissance TSX) n'assument aucune responsabilité quant à la pertinence ou à l'exactitude du présent communiqué.

Les énoncés contenus dans le présent communiqué de presse qui ne sont pas des faits historiques sont des énoncés prospectifs. Ces énoncés portent sur des événements et scénarios futurs et comportent donc des incertitudes et des risques inhérents. Les résultats obtenus pourraient différer de ceux projetés à l'heure actuelle. La Société n'assume aucune obligation de mettre à jour ces énoncés prospectifs.

Nemaska Lithium, 2015
[En ligne] http://www.lelezard.com/communique-7844852.html

L'allemand K+S reste ouvert à une meilleure offre de Potash

Publié le 13 août 2015

Le producteur allemand de sel et d'engrais K+S a indiqué jeudi rester ouvert à une meilleure offre de la part du géant canadien de la potasse Potash Corp, auquel il a déjà opposé deux refus.

«Nous ne bloquons absolument pas une transaction potentielle», a déclaré le directeur financier du groupe Burkhard Lohr, lors d'une conférence d'analystes.

M. Lohr a toutefois répété, comme le fait K+S depuis plusieurs semaines, que le prix de 41 euros par action proposé par son concurrent Potash sous-évalue largement le groupe allemand.

«Si une nouvelle proposition est envoyée, nous l'examinerons avec la plus grande attention», a-t-il précisé dans une vidéo publiée sur le site internet du groupe.

K+S a investi massivement ces dernières années dans une nouvelle mine de potasse en Saskatchewan, province canadienne riche de ce minerai essentiel pour la fabrication de nombreux engrais.

Cette nouvelle mine, baptisée Legacy, est une cible de choix pour Potash, qui a son siège dans la région. Elle doit commencer à produire l'an prochain, mais la direction de K+S affirme que son potentiel n'est absolument pas intégré dans sa valorisation boursière.

«Il est clair que Potash Corp tente de tirer parti de l'écart de valorisation existant pour acquérir K+S au rabais et ainsi prendre le contrôle de Legacy», a estimé le patron du groupe Norbert Steiner, dans une autre vidéo publiée sur le site de K+S.

Le groupe de Cassel (ouest) estime, selon la presse, qu'une offre d'au moins 50 euros par action serait plus appropriée pour intégrer la valeur de Legacy et de la production de sel, une activité dont il est le numéro un mondial.

L'industriel a toutefois un actionnariat complètement morcelé, et la direction serait impuissante si Potash optait pour une offre hostile, susceptible d'amadouer les actionnaires. D'autant que le titre vaut actuellement moins que les 41 euros proposés par Potash : il gravitait à 36,25 euros à la Bourse de Francfort vers 09H30 GMT, en hausse de 0,71% grâce à de bons résultats au deuxième trimestre.

K+S fait donc feu de tout bois pour convaincre : un récent sondage effectué auprès des petits actionnaires, qui pèsent 30% du capital, montre que la majorité d'entre eux soutient la résistance de la direction.

L'allemand, qui emploie 14 000 personnes dans le monde, veut également des garanties pour ses salariés. Après une première offre décriée en juin, Potash a semble-t-il fait des concessions sur ce volet, dans sa dernière proposition rejetée vendredi. Mais l'effort est loin d'être suffisant, selon K+S.

Les garanties proposées ne sont «pas fiables», a estimé M. Lohr, sans révéler les détails. «Il y a tellement de décharges de responsabilité qu'il est impossible de faire respecter quoi que ce soit si nécessaire», a-t-il conclu.

Agence France-Presse, 2015
[En ligne] http://affaires.lapresse.ca/economie/fabrication/201508/13/01-4892347-lallemand-ks-reste-ouvert-a-une-meilleure-offre-de-potash.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=lapresseaffaires_LA5_nouvelles_98718_accueil_POS7

Le marché du travail revient en territoire positif

Publié le 10 août 2015

Ce n’est qu’un mois et la volatilité continue de faire des siennes, mais c’est le meilleur depuis longtemps : après la catastrophe des 33 000 emplois perdus en juin, l’économie québécoise a créé 21 700 postes en juillet. Du coup, le taux de chômage est passé de 8 % à 7,7 %.

 

Le portrait de l’ensemble du Canada est moins reluisant. Vraisemblablement en récession, l’économie n’a pu faire mieux qu’une création de 6600 emplois au cours du mois. Le taux de chômage est demeuré à 6,8 %.

 

« Le rebond répertorié au Québec en juillet a permis d’effacer une bonne partie des pertes enregistrées en juin, a écrit Benoit P. Durocher, du Mouvement Desjardins. Ainsi, la province conserve un bilan assez positif depuis le début de l’année avec une création cumulative de 36 100 emplois. »

 

Sur les 21 700 emplois créés au cours du mois, plus de 18 000 étaient des postes à temps partiel, selon Statistique Canada. La tendance sur un an est toutefois l’inverse : depuis juillet 2014, 57 100 postes à temps plein ont vu le jour, alors que la catégorie du temps partiel a reculé de 13 000.

 

Un des engagements mis en avant par Philippe Couillard lors de la campagne électorale qui l’a propulsé au pouvoir en 2014 portait sur la création de 50 000 emplois par année, ce que l’opposition rappelle chaque mois lors de la diffusion des données de Statistique Canada.

 

« Les données rendues publiques aujourd’hui viennent atténuer celles du mois dernier et témoignent de la volatilité des données mensuelles, a affirmé le ministre du Travail, Sam Hamad, dans un bref communiqué. Notre gouvernement se base sur plusieurs indicateurs qui permettent de dégager des tendances à long terme en matière de création d’emplois », a-t-il ajouté en mentionnant que depuis l’élection, 55 0000 postes ont été créés, dont 45 700 à temps plein.

 

L’agence fédérale a signalé que le marché québécois de l’emploi, comparativement à juillet 2014, compte 44 000 postes de plus, soit une hausse de 1,1 %. De son côté, l’Ontario a connu une croissance de 1 % sur la même période.


Des pertes dans l’Ouest

 

« En comparaison, l’Alberta affiche une perte de 2000 emplois, et la Saskatchewan, un recul de 6300 postes, a ajouté M. Durocher. Ces divergences de tendance au chapitre de l’emploi illustrent assez bien les disparités au sein des conditions économiques. Les provinces productrices de pétrole étant aux prises avec une récession, alors que les perspectives sont plus favorables dans les autres régions. »

 

Cette nouvelle brochette de données survient alors que l’économie canadienne commence à dessiner les contours d’un ralentissement. Les cinq premiers mois de l’année se sont soldés par une contraction de l’activité économique, ce qui, au sixième mois, aboutira à la définition classique d’une récession.

 

Plusieurs tablent sur une embellie à partir du mois de juillet, dont les données ne seront connues que plus tard. C’est l’avis de la Financière Banque Nationale. « Malgré la baisse de ce mois, le nombre total d’heures travaillées poursuit une tendance à la hausse, ce qui corrobore notre opinion selon laquelle le Canada devrait connaître un regain de l’activité économique dès le troisième trimestre », a écrit l’économiste Matthieu Arseneau.

 

La Banque du Canada a refusé au mois de juin de prononcer le mot « récession », mais tout le monde, ou à peu près, convient du fait que c’est chose faite. Les provinces productrices de pétrole ont beaucoup pâti de la baisse des cours sur les marchés mondiaux, notamment l’Alberta et la Saskatchewan.

 

« Hormis l’extraction minière, pétrolière et gazière, l’économie ne s’est pas contractée au deuxième trimestre, contrairement à ce qui avait été observé pendant la dernière récession », a écrit le 31 juillet la Financière Banque Nationale.

Le Devoir, 2015

[En ligne] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/447100/le-marche-du-travail-revient-en-territoire-positif?p=619892

«Il faut offrir à chacun la chance de réveiller ses talents latents», affirme le professeur Henry Mintzberg

Publié le 10 août 2015

Management – Lorsqu’on leur demande s’ils se sentent engagés dans leur travail, 37 % des Canadiens répondent : « Mon travail ne sert qu’à joindre les deux bouts. Je m’épanouis, en fait, dans d’autres aspects de ma vie ». C’est ce qui ressort d’un sondage mené récemment par Léger pour le compte du site Web d’emploi Monster.ca. Autrement dit, si votre équipe est composée de 10 personnes, vous savez désormais que 4 d’entre elles s’ennuient à mourir, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, à vos côtés. En cachant bien leur jeu, bien entendu, puisque leur priorité est de conserver leur emploi, et surtout le salaire qui va avec.

 

Mais quel gaspillage de talents, tout de même ! Dire que ces personnes-là ne demandent qu’une chose – s’investir dans leur travail tout autant que dans leurs hobbies – et feraient sûrement des étincelles si jamais on leur en donnait vraiment l’occasion.

 

Y a-t-il moyen de relancer leur intérêt pour le travail ? De les remotiver ? De les réenchanter, même ? Henry Mintzberg, professeur de management à l’Université McGill et auteur d’une quinzaine de livres, dont celui à succès Gérer dans l’action(Éd. Transcontinental, 2014), a sa petite idée sur le sujet…

 

LES AFFAIRES – Pensez-vous que l’un des grands maux actuels des entreprises réside dans le gaspillage de talents ?

 

HENRY MINTZBERG – Ça ne fait pas de doute. Il s’agit là d’un vrai, d’un terrible problème. Maintenant, il faut aller au-delà du constat et remonter à la source du problème. D’après moi, ce qui est en cause, c’est le mismanagement, c’est-à-dire les erreurs récurrentes que commettent les gestionnaires en raison du côté paradoxal de leur mission. Oui, paradoxal, car ils doivent souvent accomplir en même temps une chose et son contraire. Prenons un exemple… Un manager doit agir dans le moment présent tout en anticipant ce que lui réserve l’avenir. Il doit donc avoir la tête ici et là, à deux endroits différents. Ce qui le pousse à la superficialité : il est contraint à jongler avec l’information au lieu de l’analyser avec rigueur. Et ceux qui en sont pénalisés au premier chef, ce sont, bien sûr, les employés dont il a la responsabilité.

 

L.A. – Une étude de la firme de sondage Gallup abonde dans le même sens que vous. Elle a mis au jour cette année le fait que, chez nos voisins du Sud, seulement 35 % des managers se sentent engagés dans leur travail. Et que cela a un effet boule de neige sur les employés : ceux qui travaillent sous la gouverne d’un manager peu ou pas motivé sont 59 % plus à risque que les autres d’être eux-mêmes démotivés.

 

H.M. – Je ne connaissais pas cette étude, mais elle ne me surprend pas. Le mismanagement endommage clairement les équipes dans lesquelles il sévit. Il peut même les mener droit dans le mur. L’important, par conséquent, est de réagir dès lors qu’on décèle sa présence. Et le meilleur moyen de s’y prendre, c’est justement en misant sur les talents des uns et des autres.

 

L.A. – Comment ça ?

 

H.M. – Mes travaux de recherche m’ont amené à considérer que l’idéal pour éviter l’écueil du mismanagement, c’est de recourir au coaching entre pairs. Pourquoi par les pairs et pas autrement, me direz-vous ? La raison est triple : ça renforce le sens de la communauté, ça stimule l’échange de points de vue et ça favorise l’esprit d’équipe.

 

L.A. – Cette approche, on la retrouve dans CoachingOurselves, une entreprise montréalaise dont vous êtes copropriétaire et qui vise à développer le talent des gestionnaires, n’est-ce pas ?

 

H.M. – C’est exact. Mon gendre, Phil LeNir, m’a demandé conseil, un jour, pour relever certains défis auxquels sa firme de logiciels faisait face : manque d’effectif, baisse de moral, etc. Je lui ai alors donné des textes de réflexion à lire et, surtout, je l’ai invité à organiser des tables rondes. Ça a suffisamment bien fonctionné pour qu’il me revienne, peu après, avec l’idée de mettre au point ensemble une véritable méthode de coaching par les pairs. Une idée fantastique, puisqu’elle me donnait l’occasion d’aider chacun à transformer son quotidien sans dépendre de la haute direction, en apprenant de ses propres expériences et de celles des autres. C’est comme ça que CoachingOurselves a vu le jour en 2007, et a permis depuis le développement des talents de plus de 10 000 gestionnaires du monde entier.

 

L.A. – En quoi consiste concrètement cette méthode ?

 

H.M. – Une demi-douzaine de gestionnaires se réunissent dans une salle tranquille, autour d’une table ronde. Pendant une heure et demie, ils discutent du thème qu’ils ont choisi, en suivant l’ordre du jour qu’on a établi pour eux par un module de discussion. Exemple : j’ai moi-même rédigé le module de discussion intitulé « Gérer malgré la pression », lequel comporte une présentation du sujet, une réflexion autour du gestionnaire comme chef d’orchestre ainsi que les étapes à suivre pour mener à bien une réflexion collective sur ce qui fait qu’un manager se trouve sous pression et sur les moyens à mettre en œuvre pour y remédier. On le voit bien, ces modules n’apportent pas de réponse toute faite, mais débroussaille des voies à explorer, sans jamais laisser entendre qu’une vaut mieux que l’autre.

 

L.A. – Y a-t-il un coach de CoachingOurselves lors de ces réunions ?

 

H.M. – Non. Le coaching se fait exclusivement par les pairs. Nous ne fournissons que le module de discussion, rien d’autre, sauf exception. L’idée, c’est que chacun de nous est un coach en puissance pour ses pairs, mais qu’on n’exploite cette faculté que trop rarement.

 

L.A. – Peut-on enregistrer de vrais progrès en une réunion, ou faut-il en prévoir plusieurs en série ?

 

H.M. – Une seule réunion permet d’avancer, à tout le moins de sortir l’équipe de l’impasse dans laquelle elle se trouvait. Cela étant, plus on accumule ce type d’échanges, mieux c’est : une fois qu’on a abordé, par exemple, le module « Être un leader catalytique », on peut enchaîner avec « Investir intelligemment dans le talent », puis « Engagement », etc. Nous en avons concocté 75 pour l’instant, tous signés par des sommités dans leur domaine.

 

L.A. – Des modules sont-ils plus populaires que les autres, ces temps-ci ?

 

H.M. – Oui, c’est d’ailleurs fort intéressant de voir ce qui préoccupe le plus les gens. En ce moment, les thèmes qui reviennent le plus sont la reconnaissance, la responsabilisation, la structure organisationnelle et le stress. Autant d’indicateurs, d’après moi, qu’il est grand temps de revoir la pratique du management. Il est urgent, pour ne pas dire vital, de remotiver les millions de Canadiens qui se morfondent aujourd’hui au travail ! Vous savez, le prix Nobel de littérature T.S. Eliot disait, avec justesse : « Nous avons expérimenté, mais raté le sens ». C’est clair, nous nous devons de renouer avec le sens, en expérimentant autrement. À l’image du coaching par les pairs, qui présente l’avantage de favoriser le brassage des talents, et donc, d’offrir à chacun l’occasion de réveiller ses talents latents. Cette approche fonctionne, d’autres aussi, à n’en pas douter. Le point important est, je pense, qu’il nous faut constater le gaspillage monumental de talents auquel nous nous livrons, et de prendre la ferme décision, tous ensemble, de retrousser les manches pour corriger le tir.

Les Affaires, 2015

[En ligne] http://www.lesaffaires.com/strategie-d-entreprise/management/il-faut-offrir-a-chacun-la-chance-de-reveiller-ses-talents-latents-affirme-henry-mintzberg-professeur-de-management-a-luniversite-mcgill/580602?p=619809

(ANGLAIS) Convertir le dioxyde de carbone

Publié le 10 août 2015

Capture and convert -- this is the motto of carbon dioxide reduction, a process that stops the greenhouse gas before it escapes from chimneys and power plants into the atmosphere and instead turns it into a useful product.

One possible end product is methanol, a liquid fuel and the focus of a recent study conducted at the U.S. Department of Energy's (DOE) Argonne National Laboratory. The chemical reactions that make methanol from carbon dioxide rely on a catalyst to speed up the conversion, and Argonne scientists identified a new material that could fill this role. With its unique structure, this catalyst can capture and convert carbon dioxide in a way that ultimately saves energy.

They call it a copper tetramer.

It consists of small clusters of four copper atoms each, supported on a thin film of aluminum oxide. These catalysts work by binding to carbon dioxide molecules, orienting them in a way that is ideal for chemical reactions. The structure of the copper tetramer is such that most of its binding sites are open, which means it can attach more strongly to carbon dioxide and can better accelerate the conversion.

The current industrial process to reduce carbon dioxide to methanol uses a catalyst of copper, zinc oxide and aluminum oxide. A number of its binding sites are occupied merely in holding the compound together, which limits how many atoms can catch and hold carbon dioxide.

"With our catalyst, there is no inside," said Stefan Vajda, senior chemist at Argonne and the Institute for Molecular Engineering and co-author on the paper. "All four copper atoms are participating because with only a few of them in the cluster, they are all exposed and able to bind."

To compensate for a catalyst with fewer binding sites, the current method of reduction creates high-pressure conditions to facilitate stronger bonds with carbon dioxide molecules. But compressing gas into a high-pressure mixture takes a lot of energy.

The benefit of enhanced binding is that the new catalyst requires lower pressure and less energy to produce the same amount of methanol.

Carbon dioxide emissions are an ongoing environmental problem, and according to the authors, it's important that research identifies optimal ways to deal with the waste.

"We're interested in finding new catalytic reactions that will be more efficient than the current catalysts, especially in terms of saving energy," said Larry Curtiss, an Argonne Distinguished Fellow who co-authored this paper.

Copper tetramers could allow us to capture and convert carbon dioxide on a larger scale -- reducing an environmental threat and creating a useful product like methanol that can be transported and burned for fuel.

Of course the catalyst still has a long journey ahead from the lab to industry.

Potential obstacles include instability and figuring out how to manufacture mass quantities. There's a chance that copper tetramers may decompose when put to use in an industrial setting, so ensuring long-term durability is a critical step for future research, Curtiss said. And while the scientists needed only nanograms of the material for this study, that number would have to be multiplied dramatically for industrial purposes.

Meanwhile, the researchers are interested in searching for other catalysts that might even outperform their copper tetramer.

These catalysts can be varied in size, composition and support material, which results in a list of more than 2,000 potential combinations, Vajda said.

But the scientists don't have to run thousands of different experiments, said Peter Zapol, an Argonne physicist and co-author of this paper. Instead, they will use advanced calculations to make predictions, and then test the catalysts that seem most promising.

"We haven't yet found a catalyst better than the copper tetramer, but we hope to," Vajda said. "With global warming becoming a bigger burden, it's pressing that we keep trying to turn carbon dioxide emissions back into something useful."

For this research, the team used the Center for Nanoscale Materials as well as beamline 12-ID-C of the Advanced Photon Source, both DOE Office of Science User Facilities.

Curtiss said the Advanced Photon Source allowed the scientists to observe ultralow loadings of their small clusters, down to a few nanograms, which was a critical piece of this investigation.

Argonne National Laboratory, 2015
[En ligne] http://www.sciencedaily.com/releases/2015/08/150807123352.htm

Ressources fossiles et réalité géopolitique : tension maximale

Publié le 7 août 2015

Le scénario proposé à travers l'édition du World Energy outlook 2014 scénario prévoit une augmentation de la demande énergétique mondiale de 37 % d'ici à 2040. Cependant, les développements liés à la croissance démographique et économique mondiale présentent une intensité énergétique moins élevée que par le passé. Ainsi, dans le scénario central, la hausse de la demande mondiale connaît un ralentissement significatif : après s'être maintenue à plus de 2 % par an pendant les vingt dernières années, elle passe à 1 % par an après 2025, en raison des choix politiques et des prix pratiqués ainsi que d'une réorientation structurelle de l'économie mondiale vers les services et les secteurs industriels légers.

La répartition mondiale de la demande énergétique connaît une transformation plus radicale : si la consommation d'énergie est essentiellement stable dans la majeure partie de l'Europe, ainsi qu’au Japon, en Corée du Sud et en Amérique du Nord, elle augmente dans le reste de l'Asie (60 % du total mondial), ainsi qu’en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Un jalon est franchi au début 

des années 2030, lorsque la Chine devient le plus grand pays consommateur de pétrole alors que les États-Unis voient leur consommation d'or noir retomber à des niveaux oubliés depuis  des  décennies. Mais,  entretemps, l'Inde,  l'Asie  du  Sud-Est,  le  Moyen-Orient et l'Afrique subsaharienne deviennent les moteurs de croissance de la demande énergétique mondiale.

À l'horizon 2040, le mix énergétique mondial se divise en quatre parts d’importance presque égale : le pétrole, le gaz, le charbon et les sources d’énergie à faibles émissions de carbone. Les ressources ne sont pas une contrainte pendant cette période, mais ces quatre piliers doivent relever chacun des défis différents. Les choix de politiques et les évolutions  de  marché  entraînent  une  baisse de la part des combustibles fossiles, qui représentent un peu moins des trois quarts de la demande énergétique primaire en 2040.

Mais ceci ne suffit pas à enrayer l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à l'énergie, qui augmentent d'un cinquième, menant à une trajectoire de hausse de la température moyenne mondiale de 3,6°C  à long terme. Le Groupe  d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime que pour limiter cette hausse à 2°C – l'objectif adopté au niveau international pour prévenir les répercussions les plus graves et les plus étendues du changement climatique – le monde ne devra pas émettre plus d’environ 1 000 gigatonnes de CO2 (à compter de 2014). Notre scénario central prévoit l'épuisement de ce budget à l'horizon 2040. Or, les émissions ne vont pas cesser soudainement une fois ce seuil atteint. Pour respecter l'objectif de 2°C, il est donc nécessaire de prendre des mesures d'urgence afin de mener le système énergétique sur une voie plus sûre.

La sécurité énergétique : une question de plus en plus préoccupante

L'image à court terme d'un marché pétrolier bien fourni ne doit pas cacher les défis à venir, car l'approvisionnement est de plus en plus dépendant d'un nombre relativement restreint de producteurs. La demande de pétrole évolue différemment selon les régions ; ainsi, pour chaque baril de pétrole qui n'est plus consommé dans les pays de l'OCDE, deux barils supplémentaires le sont dans les pays non-membres de l‘OCDE. L'augmentation de la consommation de pétrole pour le transport et la pétrochimie entraîne une hausse continue de la demande, qui passe de 90 millions de barils par jour (mb/j) en 2013 à 104 mb/j en 2040, même si les prix élevés et de nouvelles mesures politiques freinent peu à peu cette hausse de consommation globale  qui  s’approche d’un  plateau.

Afin de répondre à la demande prévue, 900 milliards de dollars d'investissements par an seront nécessaires dans les années 2030 pour les secteurs pétrolier et gazier amont. Mais de nombreuses incertitudes demeurent quant à la réalisation de ces investissements en temps et en heure, surtout à partir du début des années 2020, lorsque les États-Unis voient leur production de pétrole de réservoir compact plafonner, puis leur production totale de pétrole commencer à baisser. De nombreux facteurs pourraient provoquer un manque d'investissements comparé aux besoins : le développement des gisements brésiliens en eaux profondes qui est  complexe  et  nécessite  des  capitaux  importants,  le  développement du  pétrole  de réservoir compact aux Etats-Unis difficile à reproduire à une échelle identique en dehors de l’Amérique du Nord, les questions non-résolues qui affectent la croissance de la production des  sables  bitumeux canadiens, les  sanctions qui  restreignent l'accès  de  la  Russie  aux technologies et aux marchés de capitaux, et, surtout, les défis politiques et sécuritaires en Irak. La situation au Moyen-Orient est très préoccupante, car de nombreux pays dépendent de plus en plus de cette région pour satisfaire leurs besoins croissants en pétrole. Ceci est particulièrement vrai pour les pays d'Asie, destination des deux tiers des barils de brut importés dans le monde en 2040.

La demande de gaz naturel augmente de plus de moitié et connaît la croissance la plus rapide de tous les combustibles fossiles. D'autre part, un marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) de plus en plus flexible permet de réduire les risques de rupture d'approvisionnement. Si la Chine et le Moyen-Orient sont les principaux moteurs de la hausse de la demande mondiale de gaz, ce combustible prend également la première place dans le mix énergétique de l'OCDE vers 2030, dû notamment à l'adoption par les États-Unis de nouvelles réglementations limitant les émissions liées au secteur de l'électricité. Contrairement au pétrole, la production de gaz augmente presque partout (à l'exception notable de l'Europe), et le gaz non conventionnel représente près de 60 % de la hausse de la production mondiale. La principale incertitude (hormis pour l’Amérique du Nord) est de savoir si le gaz peut être proposé à des prix intéressants pour les consommateurs tout en atteignant un niveau suffisant pour attirer les investissements de grande ampleur nécessaires à son approvisionnement. Cette question est au cœur des réglementations nationales de nombreux marchés émergents hors OCDE, notamment en Inde et au Moyen-Orient, et soulève des préoccupations sur le marché international. Les besoins en importations seront amenés à s'intensifier dans une grande partie de l'Asie et en Europe.

Néanmoins, les inquiétudes relatives à la sécurité de l'approvisionnement futur en gaz sont en partie dissipées par l’augmentation du nombre de fournisseurs internationaux, la multiplication par près de trois des sites de liquéfaction dans le monde et la part grandissante de GNL qu'il est possible de réorienter afin de répondre aux besoins à court terme de marchés régionaux toujours plus interconnectés.

Alors que le charbon est abondant et que son approvisionnement est assuré, sa consommation future sera limitée par des mesures de lutte contre la pollution et de réduction des émissions de CO2. La demande mondiale de charbon augmente de 15 % jusqu'en 2040, mais près des deux tiers de cette hausse se concentrent sur les dix prochaines années. La demande chinoise de charbon se stabilise juste au-dessus de 50 % de la consommation mondiale, puis elle retombe après 2030. La demande baisse au sein de l'OCDE, y compris aux États-Unis, où l'utilisation de charbon pour la production d'électricité chute de plus d'un tiers. L'Inde dépasse les États-Unis pour devenir le deuxième consommateur mondial de charbon avant 2020, et par la suite, détrône la Chine pour devenir le premier pays importateur. Les faibles prix actuels du charbon ont contraint les producteurs du monde entier à réduire leurs coûts, mais l'abandon des unités de production coûteuses et l'augmentation de la demande devraient entraîner une hausse des prix suffisamment importante pour attirer de nouveaux investissements.

La Chine, l'Inde, l'Indonésie et l'Australie représentent à elles seules plus de 70 % de la production mondiale de charbon à l'horizon 2040, ce qui souligne l'importance de l'Asie sur les marchés du charbon. L’adoption de centrales à charbon plus efficaces et, à plus long terme, de technologies de capture et stockage de carbone pourrait garantir une transition sans heurts vers un système énergétique à faibles émissions de carbone. Et ceci, tout en réduisant les risques que les capacités de  production électrique doivent être abandonnées avant le recouvrement des coûts d'investissement.

Des prix et des politiques appropriés pour un mix énergétique plus efficace

L'efficacité énergétique est un outil essentiel pour diminuer la pression qui s'exerce sur l'approvisionnement énergétique. Elle peut en outre partiellement réduire l'impact des disparités régionales des prix sur la compétitivité. Dans de nombreux pays, les questions d'efficacité énergétique connaissent un regain d'attention, le secteur des transports se trouvant en première ligne. Aujourd'hui, plus des trois quarts des ventes mondiales de voitures  sont  soumis  à  des  normes  d'efficacité, et la demande de pétrole pour les transports ne devrait augmenter que d'un quart, alors que le nombre de véhicules légers et de poids lourds en circulation dans le monde fait plus que doubler d’ici 2040.

On estime que les nouveaux efforts d'efficacité mis en œuvre permettent de réduire la croissance de la demande totale de pétrole de 23 mb/j en 2040, soit plus que la production de pétrole actuelle cumulée de l'Arabie Saoudite et de la Russie. D'autre part, les mesures liées principalement aux secteurs de la production d'électricité et de l'industrie réduisent la hausse de la demande de gaz de 940 milliards de mètres cubes, une valeur supérieure à la production actuelle de gaz de l'Amérique du Nord. En plus de réduire la facture  des importations d'énergie et l'impact environnemental, les mesures en faveur de l'efficacité énergétique peuvent en partie apaiser les craintes de certaines régions dépendantes des importations d'énergie, qui voient leurs industries énergivores souffrir d'un désavantage compétitif en raison de prix relativement élevés du gaz naturel et de l'électricité. Mais les disparités régionales des prix de l'énergie sont amenées à perdurer, et l'Amérique du Nord en particulier reste une région où les coûts demeurent relativement faibles jusqu'en 2040. La somme moyenne déboursée pour une unité d'énergie aux États-Unis devrait même devenir inférieure à celle dépensée en Chine au cours des années 2020.

En 2013, les subventions allouées aux combustibles fossiles représentaient 550 milliards de dollars, soit plus de quatre fois la somme des subventions aux énergies renouvelables, ce qui freine les investissements en faveur de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Au Moyen-Orient, près de 2 mb/j de pétrole brut et de produits pétroliers sont utilisés pour  la  production d'électricité, alors qu'en l'absence de  subventions, les principales technologies d'énergie renouvelable seraient compétitives face aux centrales au fioul. En  Arabie Saoudite, on estime actuellement à 16 ans la durée nécessaire pour compenser la  différence de prix à  l'achat d’une voiture deux fois plus efficace que la moyenne actuelle grâce à des dépenses inférieures en carburant. Cette durée serait ramenée à 3 ans  si l'essence n'était pas  subventionnée. Réformer les subventions aux énergies fossiles n'est pas simple, et il  n'existe pas de  formule unique garantissant la réussite. Néanmoins, comme le montrent nos études de cas sur l'Égypte, l'Indonésie et le Nigeria, il est essentiel : d'être clair sur les objectifs et les calendriers de réformes, d'évaluer soigneusement leurs effets, de  rechercher des moyens de les atténuer (si  besoin), de procéder à des consultations approfondies et de communiquer clairement à toutes les étapes du processus.

Agence internationale de l'énergie, 2015

[En ligne] http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/ressources-fossiles-et-realite-geopolitique-tension-maximale-article_296109/

Une transition énergétique mondiale est-elle possible ?

Publié le 7 août 2015

L'électricité est la forme finale d'énergie qui connaît la croissance la plus rapide, ce qui n'empêche pas ce secteur de contribuer plus que tout autre à la réduction de la part des combustibles fossiles dans le mix énergétique mondial. Afin de répondre à la demande croissante d'électricité, une capacité totale de près de 7 200 gigawatts (GW) supplémentaires est nécessaire, alors que 40 % du parc actuel de centrales électriques doit être remplacé d'ici à 2040 en raison de son vieillissement. Les énergies renouvelables connaissent un développement rapide dans de nombreux pays, et représentent un tiers de la production mondiale d'électricité à l'horizon 2040.

Des signaux de prix adéquats doivent être envoyés afin de garantir des investissements opportuns dans de nouvelles capacités de génération thermique, qui sont nécessaires pour  assurer le maintien d’une fourniture d’électricité fiable en accord avec les investissements réalisés dans les énergies renouvelables. Dans certains cas, des réformes du marché ou de la tarification de l'électricité s'imposent. Dans la majorité des pays, l'utilisation de technologies ayant un coût d’investissement important et les prix élevés des combustibles fossiles conduisent à une augmentation des coûts moyens de la fourniture d’électricité et du prix payé par le consommateur final. Néanmoins, l'amélioration de l'efficacité énergétique au stade de l'utilisation finale permet de réduire la part du revenu des ménages dépensée en factures d'électricité.

Les technologies d'énergies renouvelables représentent un élément essentiel du pilier « sources à faibles émissions de carbone » de l'approvisionnement énergétique mondial. Elles gagnent rapidement du terrain, grâce à des subventions qui s'élèvent à 120 milliards de dollars en 2013 au niveau mondial. Bénéficiant de baisses de coûts rapides et d'un soutien continu, les énergies renouvelables représentent près de la moitié de la hausse totale  de  production d'électricité jusqu'en 2040. Dans le même temps, l'utilisation  de biocarburant fait plus que tripler pour atteindre  4,6 mb/j, et celle des énergies renouvelables pour le chauffage est multipliée par plus de deux. C'est dans les pays de l'OCDE que la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité augmente le plus,  atteignant 37 %. Leur  augmentation correspond à la hausse nette totale de l'approvisionnement électrique de l'OCDE.

Mais la production à partir de sources d'énergies renouvelables croît deux fois plus dans les pays hors OCDE, au premier rang desquels on retrouve la Chine, l'Inde, l'Amérique latine et l'Afrique. Globalement, l'énergie éolienne occupe la plus grosse part de la hausse de production basée sur les énergies renouvelables (34 %), suivie de l'hydroélectricité (30 %) et du solaire (18 %). Si l'éolien et le solaire PV voient leur part quadrupler dans le mix énergétique mondial, leur intégration du point de vue technique et commercial devient plus complexe, l'éolien comptant pour 20 % de la production totale d'électricité de l'Union européenne et le solaire PV pour 37 % du pic estival de la demande au Japon.

Le nucléaire : des décisions subordonnées à un ensemble complexe de conditions

Les politiques relatives au nucléaire restent un volet essentiel des stratégies énergétiques nationales, même dans les pays qui se sont engagés à abandonner progressivement cette technologie et qui doivent proposer des alternatives. Dans notre scénario central, la capacité  mondiale d’électricité d’origine nucléaire croît de près de 60 %, passant de 392 GW en 2013 à plus de 620 GW en 2040. Néanmoins, après avoir connu un pic il y a près de vingt ans, sa part dans la production mondiale d'électricité n'augmente plus que de 1 %, pour atteindre 12 %. Ceci reflète les défis qui se posent aux nouvelles centrales thermiques de tous types sur les marchés concurrentiels de l'électricité, ainsi que toutes les difficultés d'ordre économique, technique et politique spécifiques au nucléaire.

La  croissance se concentre sur les marchés dont le prix de l'approvisionnement en électricité est régulé, sur ceux où les opérateurs bénéficient d'un soutien de l'État ou bien sur ceux dont les gouvernements prennent des mesures pour faciliter des investissements privés. La Chine représente 45 % de la croissance de la production d’électricité d’origine nucléaire jusqu'en 2040, alors que la part cumulée de l'Inde, de la Corée du Sud et de la Russie se monte à 30 %. Cette production augmente de 16 % aux États-Unis, elle connaît un regain au Japon (sans pour autant retrouver les niveaux connus avant l'accident de Fukushima Daiichi), mais elle chute de 10 % dans l'Union européenne.

Malgré les défis auxquels il se trouve confronté,le nucléaire reste une option technologique future envisageable pour certains pays, en raison de ses caractéristiques spécifiques. En contribuant à la diversification des technologies de production d'électricité utilisées dans le mix énergétique, les centrales nucléaires peuvent rendre le système plus fiable. Pour les pays importateurs d'énergie, le recours au nucléaire peut leur permettre de devenir moins dépendants des approvisionnements étrangers et moins vulnérables aux fluctuations des prix des combustibles sur les marchés internationaux. Dans un scénario « Nucléaire faible » qui prévoit une chute de 7 % de la capacité mondiale par rapport à la valeur actuelle, les indicateurs de sécurité énergétique ont tendance à se détériorer dans les pays utilisant le nucléaire. Ainsi, dans ce scénario, la part de la consommation énergétique satisfaite par des ressources domestiques baisse de 13 points au Japon, de 6 points en Corée du Sud et de 4 points dans l’Union européenne par rapport à notre scénario central.

Le nucléaire est l'une des rares options disponibles à grande échelle qui permette de réduire  les  émissions  de  dioxyde  de  carbone  tout  en  fournissant  ou  en  remplaçant d'autres formes de production de base. On estime que depuis 1971, il a évité le rejet de 56 gigatonnes de CO2, soit près de deux ans d'émissions mondiales totales aux taux actuels.

En 2040, le nucléaire permet d'éviter près de 50 % des émissions annuelles en Corée du Sud, 12 % de celles prévues au Japon, 10 % aux États-Unis, 9 % en Union européenne et 8 % en Chine. Le coût moyen pour faire baisser le niveau des émissions par le recours à de nouvelles capacités nucléaires dépend du mix énergétique en place et du prix des combustibles remplacés. Il varie donc sur une échelle allant de niveaux très bas à plus de 80 dollars/tonne.

Des  434 réacteurs  opérationnels à  la  fin  2013,  200 seront  mis  à  l’arrêt  d'ici  à  2040, principalement en Europe, aux États-Unis, en Russie et au Japon. Les difficultés à compenser le déficit de production consécutif sont particulièrement aigües en Europe. Plusieurs années avant l'expiration des licences d'exploitation des centrales nucléaires, les opérateurs doivent commencer à planifier soit le développement de capacités alternatives, soit  la  poursuite de  l'exploitation  des  centrales nucléaires  existantes. Pour  faciliter  ce processus, les gouvernements doivent présenter clairement leur approche quant aux extensions de licence et fournir des détails sur les mesures réglementaires impliquées, bien avant les fermetures éventuelles de centrales. Nous estimons à 100 milliards de dollars le coût   du   démantèlement  des   centrales   nucléaires   mises   hors   service   avant   2040. Cependant, des incertitudes de taille subsistent concernant ces coûts, en raison de l'expérience encore relativement limitée en matière de démantèlement des réacteurs et de réhabilitation des sites pour d'autres utilisations. Les régulateurs et les opérateurs doivent continuer de s'assurer que les fonds adéquats sont provisionnés en vue de ces futures dépenses.

Les  préoccupations du  public  relatives  à  l'électricité  d’origine  nucléaire  doivent  être prises en compte. L'expérience récente a montré que l'opinion publique sur le nucléaire pouvait évoluer rapidement et jouer un rôle déterminant pour l'avenir de cette technologie sur certains marchés. La sûreté est la préoccupation majeure, particulièrement en ce qui concerne les réacteurs en exploitation, la gestion des déchets radioactifs et la prévention de la prolifération des armes nucléaires. La confiance dans les compétences et l'indépendance des organes de surveillance réglementaire est essentielle, en particulier avec l’extension du déploiement du nucléaire : dans notre scénario central, le nombre de pays ayant recours à l’électricité d’origine nucléaire passe de 31 à 36, les nouveaux-venus étant plus nombreux que les pays sortant progressivement du nucléaire. Le total cumulé de combustible nucléaire usé double, pour atteindre plus de 700 000 tonnes sur la période considérée. Mais  à  ce  jour,  aucun  pays  n'a  ouvert de  centre  de  stockage permanent permettant d'isoler les déchets hautement radioactifs à longue durée de vie produits par les réacteurs à usage commercial. Tout pays ayant produit des déchets radioactifs devrait être tenu de développer une solution de stockage permanente.

De l'électricité pour façonner l'avenir de l'Afrique subsaharienne

Ceux qui n'ont pas accès aux services énergétiques modernes souffrent de la forme la plus extrême d'insécurité énergétique. On estime qu'en Afrique subsaharienne, 620 millions de personnes sont privées d'accès à l'électricité. Pour les autres, l'approvisionnement est souvent insuffisant, aléatoire et parmi les plus chers au monde. Dans la région, près de 730 millions de personnes recourent à l'utilisation de la biomasse solide pour la cuisson. Or, utilisée en intérieur avec des foyers peu efficaces, elle provoque 

une pollution de l’air à l'origine de près de 600 000 décès prématurés par an en Afrique. L'Afrique subsaharienne représente 13 % de la population mondiale, mais seulement 4 % de la demande énergétique mondiale (plus de la moitié étant de la biomasse solide). La région est riche en ressources énergétiques, qui restent très peu exploitées. Près de 30 % des découvertes de pétrole et de gaz réalisées dans le monde ces cinq dernières années ont été faites en Afrique subsaharienne, qui est également dotée d'énormes ressources d'énergies renouvelables, en particulier solaires et hydroélectriques, mais également éoliennes et géothermiques.

Le système énergétique subsaharien est amené à se développer rapidement, mais de nombreux défis énergétiques existants ne seront que partiellement relevés. D'ici à 2040, la région voit son économie quadrupler, sa population presque multipliée par deux et sa demande énergétique croître de près de 80 %. Sa capacité de  production d'électricité quadruple et près de la moitié de cette croissance est issue des énergies renouvelables, qui alimentent de manière croissante les systèmes énergétiques autonomes et les mini-réseaux dans les zones rurales. Près d'un milliard de personnes accèdent à l'électricité, mais plus d'un demi-milliard en sont toujours privées en 2040. Grâce à la production du Nigeria, de l'Angola et d'un nombre de plus petits producteurs, l'Afrique subsaharienne reste un centre important d'approvisionnement en pétrole au niveau mondial, même si une part croissante de la production est consommée dans la région. Cette région devient en outre un acteur important du marché gazier, avec le développement des grandes découvertes offshore le long de la côte est du Mozambique et de la Tanzanie et la hausse de la production au Nigeria et ailleurs.

Le secteur énergétique d'Afrique subsaharienne a la capacité de faire plus pour aider une croissance inclusive. Dans un cas de figure « Siècle de l'Afrique », trois mesures appliquées au secteur de l'énergie pourraient générer un gain de 30 % pour l'économie subsaharienne d'ici à 2040, soit l'équivalent d'une décennie supplémentaire de croissance des revenus par habitant, à condition de s'accompagner de réformes plus générales de la gouvernance :

  • Développer le secteur de l'électricité : par des investissements supplémentaires pour réduire les coupures de courant de moitié et assurer un accès universel à l'électricité dans les zones urbaines.
  • Approfondir la coopération régionale : en développant les marchés et en libérant une plus grande part du potentiel hydroélectrique du continent.
  • Mieux gérer les ressources énergétiques et les revenus tirés de l'énergie : en adoptant des processus plus efficaces et transparents de financement des améliorations essentielles aux infrastructures d'Afrique.

Grâce à un système énergétique plus moderne et intégré, les ressources sont utilisées de manière plus efficace et l'énergie est mise à la disposition d'une plus grande partie des zones les plus démunies de l'Afrique subsaharienne. Une action concertée d'amélioration du fonctionnement du secteur énergétique subsaharien est nécessaire pour que le 21ème siècle devienne le Siècle de l'Afrique.

Agence Internationale de l'Energie, 2015

[En ligne] http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/technologies-de-l-energie-thematique_89428/une-transition-energetique-mondiale-est-elle-possible-article_296108/

Le gouvernement du Québec salue la dernière initiative du président Obama pour lutter contre les changements climatiques

Publié le 5 août 2015

Québec, le 4 août 2015 – Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. David Heurtel, salue l’annonce récente du Clean Power Plan par le président des États-Unis, M. Barack Obama, qui vise à réglementer les centrales électriques fonctionnant aux énergies fossiles afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

« En plus de reconnaître le rôle crucial des États fédérés dans la lutte contre les changements climatiques, le Clean Power Plan représente un pas dans la bonne direction afin d’arriver à un accord ambitieux sur le climat à Paris, en décembre prochain », a affirmé le ministre Heurtel.

 

Le Québec est un partenaire de premier plan pour de nombreux États américains engagés dans la lutte contre les changements climatiques, notamment celui de la Californie, avec lequel il a lié son marché du carbone dans le cadre de la Western Climate Initiative (WCI). D’ailleurs, le premier ministre, M. Philippe Couillard, et le ministre Heurtel ont multiplié les rencontres avec les gouverneurs américains au cours de la dernière année dans le but de réitérer leur volonté de renforcer le rôle des gouvernements infranationaux dans la lutte contre les changements climatiques.

 

Soulignons que le Clean Power Plan reconnaît les mécanismes des marchés du carbone comme ceux de la WCI et de la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI), dont font partie neuf États du nord-est américain, comme des approches efficaces et abordables pour permettre aux États d’atteindre les objectifs fixés par la réglementation. « Présentement en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde, le mouvement en faveur de la tarification du carbone prend de plus en plus d’ampleur. En plus de favoriser la relance et le développement durable de nos économies, la somme de nos actions nous permet de lutter, ensemble, contre les changements climatiques, afin d’assurer une qualité de vie à nos enfants », a conclu le ministre.

Cabinet du ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, 2015
[En ligne] http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/infuseur/communique.asp?no=3248

La réponse d'Obama à la « menace » du changement climatique

Publié le 4 août 2015

Le président Barack Obama a dévoilé la version définitive de son plan de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre produits par les centrales électriques fonctionnant au charbon, estimant que le changement climatique était la plus importante menace à laquelle le monde était confronté.

Il s'agit d'une nouvelle version du plan Clean Power, qui vise cette fois-ci à réduire de 32 %, à l'horizon 2030, les émissions de carbone du secteur de la production d'électricité par rapport à leur niveau de 2005. Concrètement, cela représente une quantité de 870 millions de tonnes de carbone qui ne seront plus libérées dans l'atmosphère. Il s'agit d'une augmentation de 9 % par rapport à la proposition antérieure.

Ce plan augure une transformation notable du secteur de l'électricité, car il encourage le passage aux énergies renouvelables aux dépens de la production d'électricité à partir du charbon. Le président Obama a souligné que cette transformation faciliterait la création d'un grand nombre d'emplois dans le secteur de l'énergie verte.

Il se fonde sur la prévision d'une capacité, en 2030, de produire 28 % d'électricité à partir d'énergies renouvelables, contre 22 % dans la précédente version du plan, présentée en juin.

« Il n'y a pas de plus grande menace pour notre futur et pour les futures générations que les changements climatiques. » — Barack Obama

« Nous sommes la première génération qui ressente l'impact du changement climatique », a expliqué le président américain. « Nous sommes la dernière génération qui puisse faire quelque chose à ce sujet », a-t-il poursuivi. « Nous n'avons qu'une maison. Nous n'avons qu'une planète. Il n'y a pas de plan B. »

Durant son discours, Barack Obama a invité les États américains à se joindre aux efforts nationaux en livrant un important plaidoyer pour des initiatives locales afin de réduire la pollution.

Certains groupes industriels et des élus d'États qui dépendent d'une énergie à base de charbon ont annoncé leur intention de contester ce plan en justice ainsi qu'au Congrès, en accusant l'administration Obama d'être responsable d'une future hausse du prix de l'électricité.

La Maison-Blanche a estimé que ce plan marquait « le coup d'envoi d'une offensive tous azimuts pour le climat » du président et de son administration.

Barack Obama s'est fait pressant en évoquant la nécessité pour les États-Unis de rattraper leur retard par rapport au reste du monde.

Dans une vidéo mise en ligne samedi par la Maison-Blanche, il a décrit la version définitive de son plan comme étant « la mesure la plus importante que les États-Unis ont prise pour lutter contre les changements climatiques ».

L'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton, qui fait figure de favorite dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2016, a vanté les mérites du plan d'Obama. « C'est un bon plan, et, en tant que présidente, je le défendrai », a-t-elle déclaré.

Ce plan sera au coeur de la contribution de Washington à la Cop21, la conférence internationale sur le climat qui se tiendra à la fin de l'année à Paris, et dont l'administration Obama s'est engagée à être l'un des fers de lance.

Radio-Canada avec Reuters, 2015

[En ligne] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2015/08/03/006-barack-obama-climat-changements-climatiques-carbone-electricite-charbon-centrales.shtml

Offre comme demande inquiètent le marché du pétrole

Publié le 4 août 2015

Les cours du pétrole ont fortement baissé lundi à New York et Londres sous le double coup d'inquiétudes sur la demande, face aux signes d'affaiblissement de l'économie chinoise, et de l'excès d'offre, après des propos optimistes de l'Iran sur ses exportations.

 

Déjà en baisse de près de 1,5 dollar vendredi, le cours du baril de pétrole (WTI) pour livraison en septembre a baissé de 1,95 dollar à 45,17 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

 

À Londres, le baril de Brent, la référence européenne du brut, a encore plus lourdement baissé, de 2,69 dollars à 49,52 dollars, sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

 

«On dirait que les inquiétudes sur l'offre surabondante et l'affaiblissement de la demande font aller le marché vers ses plus bas niveaux depuis six ans», a résumé Gene McGillian, de Tradition Energy.

 

Après avoir en effet atteint en mars leurs plus bas niveaux depuis la fin des années 2000, les cours ont tenté de se stabiliser pendant le printemps, autour de 60 dollars le baril à New York, mais ils retombent depuis le début juillet. 

 

En premier lieu, «les craintes sur la demande se font de plus en plus importantes face à un nouveau ralentissement des conditions manufacturières en Chine», a souligné M. McGillian.

 

Selon une étude indépendante rendue publique lundi, la production manufacturière chinoise a atteint en juillet son minimum en deux ans, confirmant l'essoufflement de la deuxième économie mondiale et deuxième plus gros consommateur de pétrole au monde. 

 

«Même si en passant de 50,2 à 50.0, l'indice manufacturier chinois n'a enregistré qu'un petit changement, on note qu'il se trouve désormais sur la ligne qui sépare la croissance de la contraction», a prévenu Tim Evans, de Citi.

 

De plus, parmi les autres grands pays émergents, «le Brésil, l'Inde et la Russie ont aussi enregistré un ralentissement», a-t-il souligné. «L'impression générale, c'est que l'économie mondial est en train de croître mais comprend d'importantes faiblesses qui font limiter la hausse de la demande pour toute une série de matières premières, dont le pétrole.»

 

L'OPEP maintient le rythme

 

Préoccupé par la demande, le marché n'a pas obtenu de soulagement quant à l'offre, dont le niveau excessif, que ce soit des États-Unis, de la Russie ou de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), contribue depuis de nombreux mois à plomber les cours.

 

Lundi, les investisseurs ont été gagnés par de nouvelles préoccupations sur ce thème, car «les Iraniens ont dit qu'ils pourraient augmenter leur production de 500 000 barils par jours une fois les sanctions levées contre eux», a rapporté M. McGillian. 

 

Plus précisément, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanghaneh, a jugé que les exportations du pays augmenteraient de 500 000 bpj une semaine après la levée des sacntions et d'un million de bpj un mois après, à la suite de l'accord sur le nucléaire conclu à la mi-juillet avec les grandes puissances, d'après les experts de Commerzbank. 

 

«Même si nous pensons que ce scénario n'est pas réaliste, cela contribue au déclin des prix du pétrole ce lundi», ont-ils expliqué.

 

L'Iran est l'un des membres de l'OPEP, qui n'a rien fait pour limiter la baisse des cours lors de sa dernière réunion en juin, à l'issue de laquelle le cartel avait maintenu en l'état son plafond de production, à 30 millions de barils.

 

Preuve que ce chiffre n'est que théorique, les agences «Bloomberg et Reuters ont témoigné d'une rare unanimité dans leurs enquêtes sur la production de l'OPEP, comme ils l'avaient déjà fait en juillet, l'estimant toutes deux à plus de 32 millions de bpj», ont rapporté les experts de Commerzbank. «En plus d'une production saoudienne sans précédent, l'offre étonnamment élevée de l'Iraq joue un rôle là-dedans.»

AFP, 2015

[En ligne] http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/ressources-naturelles/offre-comme-demande-inquietent-le-marche-du-petrole/580581

Cure d'austérité chez les grands de l'industrie pétrolière

Publié le 4 août 2015

Pour une fois, Rex Tillerson aurait préféré avoir tort. Le patron d’ExxonMobil, un vétéran du pétrole, avait été l’un des premiers, il y a des mois, à raboter les budgets de son groupe en prévision d’une baisse durable des cours de l’or noir. Quand nombre de ses concurrents se raccrochaient à l’espoir d’un rebond rapide, lui n’y croyait guère. Il avait raison : après une reprise au printemps, les cours ont replongé. Personne ne mise plus sur une remontée à court terme. Et toute la profession taille à présent drastiquement dans les dépenses. « Pour certains, c’est une question de survie », assure Anne Pumir, analyste chez Natixis.

 

M. Tillerson peut mieux que tout autre mesurer l’ampleur des difficultés. Son groupe, ExxonMobil, est de loin le premier producteur de pétrole coté en Bourse. Malgré cette puissance et les premières mesures prises pour abaisser les coûts, lui aussi souffre. En un an, le bénéfice net du deuxième trimestre a été divisé par deux, à 4,2 milliards $US, selon les données publiées vendredi. C’est le plus mauvais résultat d’ExxonMobil en six ans. L’activité d’exploration et de production aux États-Unis est même tombée dans le rouge. En conséquence, M. Tillerson a durci son plan d’économies. Les investissements pour trouver et produire du brut ont été diminués de 20 %.

 

« Un désastre »

 

Son grand rival américain, Chevron, est encore plus à la peine. Avec un baril autour de 50 $US, contre près de 100 $US il y a un an, ses grands projets ne sont plus aussi rentables qu’attendu. Certains ne le sont même plus du tout. Résultat : Chevron a dû passer des dépréciations de 2,6 milliards dans ses comptes du trimestre, ce qui a fait fondre les profits de 90 %. « Un désastre », résume l’analyste Fadel Gheit, d’Oppenheimer Co. Là aussi, d’importants efforts sont au programme pour comprimer les coûts.

 

De Total à ExxonMobil, de Shell à BP, le monde du pétrole est en train de s’adapter à la nouvelle donne. La cure d’austérité a d’abord touché les vols en première classe et les bouquets de fleurs dans les sièges sociaux. Aujourd’hui, les mesures sont plus douloureuses. Plus de 150 000 emplois ont déjà été supprimés dans la profession, selon Graves Co, un consultant texan.

 

Ce n’est pas fini. La semaine dernière, 6500 suppressions d’emplois ont été annoncées chez Shell, 4000 chez le Britannique Centrica, et 8800 chez le groupe parapétrolier italien Saipem. Les fournisseurs et sous-traitants du secteur sont en effet les premiers touchés. Les grandes compagnies leur achètent moins de prestations, et les forcent à baisser leurs tarifs. Une pression dont sont victimes des Français comme Vallourec ou CGG, tous les deux déficitaires.

 

En parallèle, les poids lourds abandonnent ou décalent leurs projets jugés trop chers. Des investissements estimés à plus de 280 milliards de dollars ont été reportés, y compris dans les groupes parapétroliers, d’après le cabinet Wood Mackenzie. Aux cours actuels, difficile de rentabiliser les sables bitumineux du Canada, qui nécessitent plusieurs étapes de raffinage, ou les gisements maritimes ultra-profonds.

 

« La mer du Nord aussi est sur la sellette », souligne Mme Pumir. Les dépréciations d’actifs comme celles de Chevron ne font sans doute que commencer. Les investissements devraient baisser cette année de plus de 35 % aux États-Unis et de plus de 15 % dans le reste du monde, selon Schlumberger, le leader des services pétroliers.

 

Choc structurel

 

« Les grands noms du pétrole ont mis du temps à réagir, mais ils se rendent compte à présent que la baisse des prix est un choc structurel », commente Alexandre Andlauer, d’AlphaValue. Elle est avant tout liée à la révolution du pétrole et du gaz de schiste, qui a fait bondir la production américaine. Or cet afflux de brut n’est pas absorbé par une hausse équivalente de la demande. Surtout avec le ralentissement de la demande chinoise.

 

À cela s’ajoute la perspective d’une hausse des exportations iraniennes. En échange de la réduction de ses capacités nucléaires, l’Iran a obtenu la levée progressive des sanctions imposées en 2006 par les États-Unis, l’Europe et les Nations unies.

 

Quant à un effort des producteurs pour faire remonter les prix, il ne paraît pas au rendez-vous. « Nous ne sommes pas prêts à réduire notre production », a réaffirmé jeudi le secrétaire général de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, Abdallah El-Badri. Et aux États-Unis, les entreprises ont certes fermé une bonne partie de leurs puits face à la baisse des cours. « Mais c’était pour mieux se concentrer sur leurs meilleures installations, si bien que la production peut rester stable », note M. Andlauer.

 

La chute des investissements finira par peser sur la production. Mais pas avant cinq ans. D’ici là, les projets déjà lancés vont se poursuivre. Dans ces conditions, la faiblesse des cours « pourrait durer plusieurs années », a reconnu jeudi la direction de Shell. Les investisseurs parient aussi sur un maintien de prix assez bas : à New York, le baril pour livraison dans cinq ans s’échange à 62 $US.

 

Pas de quoi permettre à ExxonMobil, Total et les autres de renouer avec leurs superprofits des grandes années. En Bourse, le poids des 100 principaux groupes du secteur a fondu de 1400 milliards de dollars, soit 31 %, depuis son pic de juin 2014.

Le Monde, 2015

[En ligne] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/446700/cure-d-austerite-chez-les-grands-de-l-industrie-petroliere

Un nouveau départ pour l'économie iranienne

Publié le 3 août 2015

L’Iran, nouvel eldorado ? Depuis l’accord du 14 juillet prévoyant la levée des sanctions internationales en 2016, les délégations de grands groupes occidentaux se pressent à Téhéran. PSA, Renault, Total ou encore Airbus comptent bien s’implanter dans la République islamique. Sans parler des entreprises chinoises et turques restées sur place malgré les sanctions. « L’Iran est devenue une terre promise très convoitée », constate Bernard Hourcade, spécialiste de l’Iran au CNRS.

 

Et pour cause : elle représente un marché de 77 millions d’habitants, vivant pour plus de 70 % dans les villes. Bien éduquée, la classe moyenne est assoiffée d’ouverture et de produits occidentaux. Après trente-cinq ans d’isolement, les besoins en matière de modernisation des infrastructures sont considérables. Et le pays, qui dispose de la quatrième réserve mondiale de pétrole et de la première de gaz naturel, aura de quoi les financer. « Téhéran a le potentiel de Dubaï puissance 40 », estime ainsi un banquier français.

 

Les experts appellent malgré tout à la prudence. « Même si le marché iranien offre de grandes possibilités, ses spécificités sont délicates à appréhender et son ouverture sera chaotique », prévient Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes.

 

Une industrie fragile

 

Peu diversifiée, l’économie iranienne est en effet très dépendante des produits pétroliers, qui représentent 80 % de ses exports. Le secteur a été mis à mal par la chute des cours de l’or noir en 2014, ainsi que par les sanctions imposées par les États-Unis, puis par l’ensemble de la communauté internationale, en 2005 et 2006.

 

Du fait de ces sanctions, les banques européennes ont rompu leurs liens avec Téhéran, si bien que les importations en provenance du Vieux Continent ont été quasiment stoppées. Les PME de la République islamique ont donc développé une « économie de la résistance », en se débrouillant pour produire les pièces qu’elles ne pouvaient plus fabriquer, ou les importer par des voies détournées. Les Iraniens en sont fiers.

 

Mais ce tissu industriel reste fragile, en raison de l’effondrement des investissements et du vieillissement de ses équipements. Sa remise à niveau pourrait néanmoins être rapide, grâce à la hausse des revenus pétroliers attendue après la levée des sanctions et au dégel des avoirs iraniens bloqués à l’étranger, estimés à près de 150 milliards de dollars (135 milliards d’euros). « Le pays dispose également de la main-d’oeuvre qualifiée nécessaire », ajoute M. Subran.

 

Reste que le secteur privé pèse bien peu face à l’État, qui contrôle 80 % de l’économie. Il est donc l’interlocuteur-clé dans nombre de secteurs stratégiques, comme l’énergie, l’électricité et les transports. De quoi décourager les investisseurs étrangers, qui seront également confrontés à la corruption et surtout au clientélisme.

 

Les pasdarans, le corps des gardiens de la révolution islamique, ont en effet la mainmise sur un grand nombre d’entreprises publiques et parapubliques, à l’exemple des infrastructures portuaires. « Ce puissant réseau de paramilitaires désire à la fois s’ouvrir à la mondialisation et ne rien céder aux Occidentaux : ce sera houleux », redoute un diplomate.

 

D’autant que l’Iran mettra longtemps à se remettre des séquelles des sanctions. Sans les mesures imposées depuis 2005, le produit intérieur brut (PIB) iranien serait aujourd’hui 40 % plus élevé, estime M. Subran. Le pays a enregistré une récession de 6,6 % en 2012 et de près de 2 % en 2013. L’inflation a, pour sa part, atteint un pic de 35 % en 2013, et reste aux alentours de 15 %.

 

Effondrement du pouvoir d’achat

 

Les classes moyennes et populaires ont été les premières à en payer le prix, avec l’effondrement de leur pouvoir d’achat et l’envolée du chômage (20 %).

 

Face à ces faiblesses, l’afflux de réserves de change et d’investissements étrangers dans le pays ne sera donc pas sans risque. Ces nouvelles ressources pourraient alimenter l’inflation. Ou pire : être utilisées pour financer les importations au lieu de renforcer la production nationale. Téhéran s’est déjà engagée à tout faire pour éviter un tel scénario et mise sur le retour de la croissance pour résorber le chômage.

 

Selon les prévisions de la banque centrale iranienne, le PIB devrait croître de 3 % cette année, et même dépasser les 4 % en 2016 si les sanctions sont levées.

Le Monde, 2015

[En ligne] http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/446508/un-nouveau-depart-pour-l-economie-iranienne

Suncor relancerait son projet d'usine à Montréal-Est

Publié le 3 août 2015

MONTRÉAL - Le géant canadien du pétrole Suncor relancerait son projet d'usine de cokéfaction à sa raffinerie de Montréal-Est, a rapporté vendredi le quotidien The Globe and Mail.

Ce projet, maintes fois évoqué et reporté, avait été abandonné en 2009. À l'époque, la valeur du projet était estimée à 1,3 milliard $.

La cokéfaction permet de raffiner des sous-produits du pétrole lourd pour produire de l'essence, du diesel ou du mazout.

Suncor possède une raffinerie à Montréal-Est, la dernière en activité dans la métropole. Le quartier industriel a jadis compté six raffineries.

L'usine de cokéfaction ne pourra aller de l'avant que si le leader canadien du pétrole, Enbridge, inverse le flux de son pipeline, autrement dit si l'on achemine le pétrole des sables bitumineux vers Montréal.

L'Office national de l'énergie a donné son aval à l'inversion du flux, l'an dernier.

Le président et chef de la direction de Suncor, Steve Williams, a déclaré au Globe and Mail que le projet d'usine de cokéfaction sera finalisé au début de l'année 2016.

The Globe and Mail, 2015

[En ligne] http://fr.canoe.ca/argent/actualites/archives/2015/07/20150731-122245.html?p=619559

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