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Comment convaincre la direction d’une entreprise d’investir massivement pour décarboniser ses usines et réduire ses émissions de gaz à effet de serre? « Assoyez-vous d’abord avec les financiers… et sortez vos chiffres », soutient d’entrée de jeu Maxime Cossette, vice-président environnement, santé et sécurité chez Kruger.

Au cours de la dernière année, lui et son équipe ont réussi à convaincre la haute direction de Kruger d’entamer d’importants travaux totalisant près de 33 M$. Ces travaux vont permettre à l’ensemble des usines de l’entreprise de répondre aux objectifs environnementaux fixés par les différents paliers de gouvernement au pays. Un tour de force que viendra raconter Maxime Cossette lors de la conférence Efficacité énergétique, présentée par les Événements Les Affaires le 20 septembre prochain, à Montréal.

Privilégiez le grand coup

« Nous avons favorisé la méthode « grand coup » plutôt que d’y aller à petits pas à la fois », explique M. Cossette. Pour ce faire, il fallait d’abord se mettre dans la peau de ceux qui financent ces projets, dit-il. Que ce soit le chef de l’exploitation, le vice-président trésorier, le chef de la direction des finances, il fallait leur présenter un portait global de tous les tenants et aboutissements d’un tel investissement majeur.

« Nous leur avons présenté les projets à partir d’un risque. Nous sommes déjà assujettis aux mécanismes de la tarification du carbone. Or, en tant que grand émetteur, qu’est-ce que cela nous coûterait de ne rien faire face à la décarbonisation et aux émissions de gaz à effets de serre ? Que font nos compétiteurs ? », mentionne M. Cossette.

Une fois ces risques exposés, il fallait, poursuit-il, avoir en main le montant du capital net qui sera nécessaire ainsi que les montants des programmes d’aide financière qui sont accessibles pour la réalisation de tels projets. « Mais, il fallait surtout avoir en main le montant des économies annuelles récurrentes qui sont liées à ces projets. Ces économies jouent un rôle important dans le retour sur l’investissement que l’on atteindra d’ici 2020 », insiste-t-il.

Récupération de chaleur, d’eau et de gaz

Pour chaque usine concernée, soutient M. Cossette, des projets variant de 1,5 M$ à 7M$ sont en cours pour améliorer l’efficacité énergétique. Parmi ces projets, on retrouve celui de la récupération de chaleur à l’usine de Crabtree qui servira à chauffer l’usine ainsi que l’eau. Du côté de Brompton, un projet est mis en place pour récupérer les eaux usées.

À l’usine de la Place Turcot, à Montréal, le projet prévoit la récupération des gaz provenant des chaudières pour réchauffer l’air à l’entrée de ces mêmes chaudières. Notez que des projets d’efficacité énergétique sont également déployés dans les usines de New Westminster, en Colombie-Britannique, et de Corner Brook, à Terre-Neuve.

Ces projets, signale M. Cossette, s’ajoutent aux mesures déjà prises par Kruger. Depuis cinq ans, dit-il, l’entreprise est parvenue à réduire de plus de 30% ses émissions de gaz à effet de serre. Grâce aux nouveaux projets, ce seront des réductions de plus de 12% qui vont s’additionner.  Au total, conclut M. Cossette, Kruger aura donc réussi à réduire de près de moitié ces émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020.

Source : Les Affaires
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