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PORT-DANIEL — Ciment McInnis cherchera au cours des prochaines années à réduire de 30 % la consommation de coke de pétrole de son procédé de combustion en consommant de la biomasse forestière générée principalement par les entreprises de sciage de la Gaspésie.La cimenterie de Port-Daniel génère 600 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par an uniquement dans la partie d’usine abritant ses fours. Ses émissions totales de GES atteignent au moins 1,76 million de tonnes par an quand les activités de la carrière de calcaire et de concassage sont incluses.

«L’objectif, c’est d’utiliser 30 % de biomasse. On pense qu’on pourrait y arriver avec 100 000 tonnes de biomasse forestière, mais il n’y a pas de plafond, et pas d’échéance», précise Alexandre Rail, vice-président des opérations à Ciment McInnis.

«L’utilisation de 100 000 tonnes de biomasse forestière réduirait le volume de gaz à effet de serre de 150 000 tonnes», précise Amélie Saint-Laurent Samuel, chargée de projet en biomasse forestière pour Nature-Québec.

Ces données sont dégagées d’une étude de préfaisabilité réalisée par l’Association coopérative forestière régionale de la Gaspésie, avec Ciment McInnis et le comité de surveillance environnemental de l’entreprise.

Annuellement, Ciment McInnis consomme 200 000 tonnes de coke de pétrole, un résidu de raffinerie très polluant, mais modique et reconnu pour ses qualités calorifiques. Si la combustion de biomasse devait remplacer 30 % du coke de pétrole, l’usine n’en consommerait que 140 000 tonnes.

Approvisionnement

L’approvisionnement semble assuré, dit Mme Saint-Laurent Samuel, le volume résiduel de la région s’établissant à 1,2 million de tonnes par an. «Il y en a 420 000 tonnes disponible pour Ciment McInnis. On parle de résidus de bois de sciage, les écorces, les copeaux, la sciure, les planures, les résidus de récolte, le bois de trituration et les résidus de construction».

Mario Pouliot, de l’Association coopérative forestière régionale de la Gaspésie, signale que les usines de sciage bénéficieraient grandement de l’adoption de la biomasse par Ciment McInnis parce que la fermeture de plusieurs papeteries depuis 12 ans a créé bien des problèmes.

«On a des copeaux d’un an et demi dans la cour, un total de 5000 tonnes. On accumule 450 tonnes d’écorce par semaine, et on a un preneur pour 60 tonnes. Pour la sciure, c’est 150 tonnes. […] On reçoit 20 $ par tonne de copeaux. C’est 70 % de moins qu’il y a cinq ans», dit M. Pouliot.

La hauteur de l’investissement lié à la filière biomasse de Ciment McInnis sera connue dans un an, après la réalisation de l’étude de faisabilité. Les fours de l’usine de Port-Daniel sont équipés pour recevoir cette biomasse.

«C’est ce qui va faire que le domaine forestier en Gaspésie restera en santé», résume Mario Pouliot. Il croit qu’il faudra un centre de traitement de la biomasse dans un endroit optimal à désigner et il assure que le rail, dont la remise en service jusqu’à Port-Daniel devrait se faire dans deux ans, serait le mode de transport à privilégier pour alimenter la cimenterie. «Je ne vois pas ça arriver camion par camion», dit-il.

Source : Le Soleil
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