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Au mois de mai dernier, le gouvernement du Québec dévoilait sa Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 22018-2023. Cette stratégie qui se prolongera sur cinq ans cible deux objectifs principaux : que plus de personnes occupent un emploi et créer un environnement favorable à l’obtention des compétences requises dans l’économie québécoise en transformation rapide.

Comprenant 47 mesures sous la responsabilité de 11 ministères différents, cette stratégie compte sur un budget de 1,3 G$ et sera déployée dans quatre grandes orientations :

Avoir une meilleure connaissance des besoins actuels et futurs du marché du travail et les diffuser (77,9 M$);
  • Avoir suffisamment de travailleuses et de travailleurs (802 M$, dont 324,1 M$ pour améliorer l’attraction, la sélection et l’intégration en emploi des personnes immigrantes);
  • Améliorer la flexibilité et l’agilité dans le développement des compétences (394,7 M$);
  • Adapter les milieux de travail (63,1 M$).

Nonobstant du fait que c’est au Québec depuis quatre ans qu’il s’est créé le plus grand nombre d’emplois au Canada et que le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis de nombreuses années, il n’en demeure pas moins que des affiches du genre « Ici nous embauchons » sont bien visibles sur des bâtiments dans tous les parcs industriels du Québec.

Et ce problème, même s’il n’est pas nouveau et était prévisible depuis quelques années, semble s’accentuer cette année. Plusieurs entreprises qui ont des postes à combler peinent à trouver les employés requis et doivent parfois refuser des contrats de crainte de ne pouvoir les réaliser.

Cette rareté de la main-d’œuvre a incité d’autres entreprises à investir dans l’automatisation et la robotisation afin d’améliorer leur productivité tout en représentant une solution à long terme. En effet, l’industrie 4.0 offre des solutions intéressantes aux entrepreneurs qui l’adoptent pour contrer les difficultés de recrutement et de rétention du personnel en 2018.

Pénurie veut aussi dire que les employés ont maintenant le choix tellement il y a d’emplois disponibles et les entreprises doivent améliorer les conditions de travail pour attirer de nouvelles ressources et garder celles en place.

En août 2016, Workopolis publiait les résultats d’une étude intitulée « Le top 7 des industries en pénurie de main-d’œuvre ». Selon ce travail, dans le domaine de la construction, il faudra 300 000 nouveaux travailleurs pour combler les départs à la retraite d’ici 2023; du côté du transport, c’est un fait connu qu’il manque de chauffeurs pour répondre à la demande, simplement pour maintenir le bassin actuel, il en faut 52 000 nouveaux d’ici 2020 au Québec et ce nombre n’inclus pas les mécaniciens et techniciens.

Dans le secteur manufacturier, un sondage mené par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) auprès de ses membres démontre que 52% des entreprises affirmait que le manque de soudeurs, de machinistes, de métallurgistes et d’opérateurs les empêchait d’augmenter leur productivité.

Workopolis affirmait aussi que TechnoCOMPÉTENCES avançait que 6 000 postes en technologies de l’information demeuraient vacants année après année faute de travailleurs qualifiés. Côté santé, le ministère de la Santé déclarait en 2015 qu’il manquait 2 000 infirmières dans son réseau.

Le secteur agricole n’est pas épargné alors que le taux d’emplois vacants s’élève à 7%, le plus haut au Canada en 2016. La photonique prenait le 7erang de ce palmarès. Il est donc temps de regarder toutes les avenues possible pour recruter de la main-d’œuvre qualifiée afin de combler les milliers d’emplois disponibles dans tous les secteurs industriels. La pénurie de la main-d’œuvre n’est pas un mirage mais une réalité à laquelle il faut s’attaquer, la santé de notre économie en dépend.

Source : Magazine MCI
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