Actualités du secteur

Être près de ses clientes, de ses employés et de son laboratoire. C’est ce qui explique en grande partie le succès de l’entrepreneure Karine Joncas, qui continuera de miser sur cette proximité même si sa marque connaît une réussite quasiment instantanée aux États-Unis.  

Lorsqu’elle arrive le matin dans ses locaux de la rue Chabanel, à Montréal, Karine Joncas ne prend même pas le temps de déposer ses choses. Elle va directement voir ses cosmétologues qui s’affairent dans le laboratoire adjacent à son bureau. Être au même endroit fait toute la différence, dit-elle, en plus de raccourcir les délais s’il y a un changement à faire. «Je ne ferais pas ça autrement, c’est ça ma vie.»   

Karine Joncas, qui développe et conçoit des soins cosmétiques dont les ventes québécoises se classent devant les géants américains et européens de la beauté, tient à s’impliquer dans tout le processus: de la création à la mise en marché. Pas de mauvaise surprise en ce qui a trait à la couleur, la texture ou l’odeur de ses produits.   

«Je m’implique dans le choix des molécules, selon l’efficacité que je recherche, selon ce que les cosméticiennes et les clientes me demandent», précise-t-elle.   

400 conseillères américaines  

Et la croissance fulgurante de son entreprise n’y changera rien. Karine Joncas, c’est 40 employés, 37 produits, dans 800 points de vente au pays, principalement au Québec. Et maintenant, ses soins sont distribués dans 39 États américains par 400 conseillères en beauté sous forme de vente directe.   

Un projet qui a nécessité deux ans de travail acharné et qui s’avère déjà rentable après seulement quatre mois.   

«On fait rayonner le savoir québécois, explique la femme d’affaires. Les Américaines adorent les produits d’ici, et le français de Montréal. Pour plusieurs personnes des États-Unis, le Canada se limite souvent à la Colombie-Britannique et à Toronto. Mais quand j’ai fait le lancement, les consultantes sont venues à Montréal. Elles ont vécu une expérience. Et la prochaine fois, ce sera à Québec. Elles pensent au Château Frontenac, et elles trouvent ça magnifique.»   

Et Karine Joncas se positionne comme une créatrice qui parle français.  

«Je martèle le fait que je suis une francophone du Québec. Pour moi, c’est très important de promouvoir mes valeurs.»   

«J’aime affronter mes propres peurs, poursuit-elle. Et la langue était l’une de mes craintes. Mais je me suis dit que j’allais y aller avec ce que je suis.»   

Toujours en équipe  

Ses produits sont créés et manufacturés entièrement dans la grande région métropolitaine. Le service à la clientèle, qu’il soit québécois ou américain, est aussi basé à Montréal, où toutes ses employées travaillent en équipe.   

Car l’entrepreneure tient à le préciser: ce succès n’est pas son succès, c’est une réussite d’équipe des bannières, des cosméticiennes et des clientes qui ont cru en moi et en mes produits.   

«Les États-Unis, c’est un challenge. Mais c’était un défi qu’on avait le goût de relever ensemble, dit-elle en parlant autant de ses employées que de sa famille. Mes enfants ont pris cette décision avec moi.»   

Une expansion qui arrive à point dans son parcours d’entrepreneure, dit celle qui lorgne déjà d’autres marchés, notamment celui de l’Amérique du Sud.   

À long terme, la femme d’affaires se voit dans sa compagnie jusqu’à la fin de ses jours. «Je veux bâtir une Maison Karine Joncas, une entreprise familiale.»  

MEILLEURE DÉCISION  

Créer son propre laboratoire, cinq ans après avoir fondé son entreprise, ce qui lui a permis d’être scientifiquement libre. Et l’exportation de ses produits vers les États-Unis.  

PIRE DÉCISION  

 «Il n’y en a pas vraiment», dit la femme d’affaires, qui dit toujours prendre des risques calculés.  

 UN CONSEIL AUX JEUNES ENTREPRENEURS  

 Foncez, bâtissez et assumez-vous. Foutez-vous de ce que les gens disent.  

Source : Journal de Québec
© 2019 Coeffiscience. Tous droits réservés. Conception & réalisation du site par HPJ.