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MONTRÉAL — L’industrie de la chimie, du gaz et de la pétrochimie veut convaincre un plus grand nombre de femmes de venir y travailler, d’autant plus que les salaires y sont alléchants.
À l’heure actuelle, environ 30 pour cent des emplois y sont occupés par des femmes, mais ce chiffre est trompeur, puisqu’il inclut les employées du soutien administratif. Si on ne compte que du secteur de la production, les femmes ne représentent que 17 pour cent.

Pourtant, le salaire d’un opérateur peut atteindre 80 000 $, 100 000 $, voire 150 000 $ en incluant les heures supplémentaires, a précisé au cours d’une entrevue, jeudi, Guillaume Legendre, directeur général de CoeffiScience — un comité sectoriel de la Commission des partenaires du marché du travail du Québec.

Selon un rapport qui vient d’être rendu public, c’est dans le sous-secteur des savons et cosmétiques qu’on compte la plus grande proportion de femmes — elles totalisent même un peu plus de 50 pour cent des effectifs. Suivent la distribution de gaz naturel, puis les peintures et adhésifs, ainsi que les produits chimiques agricoles.

Ce sont cependant les secteurs de la fabrication du pétrole et du charbon, la fabrication de produits chimiques de base et la fabrication de résines qui offrent les meilleurs salaires. Or, les femmes n’y représentent que 20 pour cent des effectifs.

En fait, les femmes dans ces industries occupent le plus souvent les postes suivants: adjointe administrative, commis à la comptabilité, préposée au service à la clientèle, manoeuvre, technicienne en chimie, directrice de la fabrication, opératrice, puis métiers de la production.

Durant la décennie 2006-2016, la proportion de femmes a le plus crû pour les métiers de technicienne en chimie et opératrice, soit respectivement de 24 à 31 pour cent, puis de 16 à 23 pour cent.

Raisons

M. Legendre avance différents motifs pour expliquer cette tiédeur des femmes à étudier dans ces domaines et à y travailler. D’abord, il cite la méconnaissance du secteur.
«On veut changer ça. On veut démontrer que c’est possible (pour les femmes) d’intégrer ce secteur-là. En fait, les entreprises veulent le faire, mais on n’est pas capable d’aller chercher des gens à la source; on n’est pas capable d’aller chercher des finissantes pour entrer dans le secteur», déplore M. Legendre.

Ensuite, il cite les perceptions erronées, comme celle voulant qu’il s’agisse de métiers où une grande force physique est requise. Il souligne que ces industries se sont automatisées et ne nécessitent plus autant de force physique qu’avant.

Des solutions

Pour parvenir à attirer des femmes, ces industries veulent mieux informer les professionnels en orientation scolaire et les jeunes au sujet des métiers qui peuvent y être exercés.

M. Legendre note que les entreprises concernées ont aussi du travail à faire pour accroître la présence des femmes dans ces industries. «Les entreprises doivent mettre en place des politiques qui font en sorte que le milieu est accueillant, que les femmes sont bien intégrées. Mais, très sincèrement, ce qu’on a constaté — et pour avoir parlé aux femmes qui sont déjà dans le milieu — il n’y a pas un si grand problème d’intégration que ça. Il y a l’appui de la direction qui est déjà en place et, il ne faut pas se le cacher, les mentalités changent.»

Source : Journal Métro
 


 
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