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  L’Organisation de coopération et de développement économiques (L’OCDE) dévoilait dans un nouveau rapport présenté en octobre que les progrès vers une égalité femmes-hommes étaient beaucoup trop lents. En effet, avec ce rapport intitulé Égalité femmes-hommes : un combat difficile, l’OCDE démontre que depuis le dépôt en 2012 du rapport Inégalités hommes-femmes : il est temps d’agir, très peu de progrès auraient été réalisés. Et ce constat vaut pour tous les pays ralliés sous l’OCDE. Toutes proportions gardées, bien entendu.

L’enquête menée pour rédiger ce rapport qui appelle résolument à passer à l’action, a relevé trois problématiques principales dont découlent des injustices chroniques dans l’égalité femmes-hommes, et ce, pour l’ensemble de la centaine de pays membres de l’OCDE : la violence à l’égard des femmes, l’écart constant de rémunération entre les femmes et leurs homologues masculins et le partage inégal du travail non rémunéré.

De nombreux pays ont revu leur politique générale pour placer ces problématiques au centre de leurs priorités, entre autres en déployant des efforts pour renforcer la présence des femmes à des fonctions de direction, autant au public qu’au privé. De plus, certains ont instauré des législations plus sévères en matière de lutte contre le harcèlement au travail et ont mis en place des mesures pour inciter un plus grand nombre de filles à opter pour une carrière en lien avec les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques et pour valoriser davantage les domaines de la santé et l’éducation auprès des garçons. Malgré ces actions, le rapport démontre que les inégalités persistent dans tous les secteurs de la vie sociale et économique, et dans tous les pays.

Autre fait intéressant dévoilé par le rapport : les jeunes femmes ont beau réussir leurs études avec de meilleures qualifications que leurs confrères, elles sont moins enclines à étudier dans les domaines plus rémunérateurs. Le rapport révèle aussi que lorsqu’elles travaillent, les femmes sont plus susceptibles d’occuper un emploi à temps partiel et d’être victimes de discrimination, que leurs chances d’accéder à des postes de direction sont faibles et qu’elles gagnent moins que les hommes. La salariée médiane gagnerait en moyenne près de 15 % de moins que l’homme au sein de l’OCDE : un taux qui a à peine évolué depuis 20101.

La directrice du Cabinet de l’OCDE et Sherpa au G20, Gabriela Ramos, incite les pays membres de l’organisation à aller plus loin, plus vite.
« L’égalité entre les femmes et les hommes doit être une priorité si l’on veut parvenir à une croissance inclusive durable, dans l’intérêt de chaque citoyen. Il n’y a aucune raison pour que les résultats des femmes sur les plans social, économique et politique restent inférieurs à ceux des hommes. Les pays doivent faire beaucoup plus pour atteindre les objectifs de parité », a-t-elle déclaré lors du lancement du rapport.

 La proposition récente de Québec
Alors ministre responsable de la Condition féminine, Lise Thériault présentait en juin dernier la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes vers 2021. Élaborée à partir d’une vingtaine de consultations auprès d’une centaine d’organisations ayant déposé plus de 80 mémoires et documents sur l’égalité des sexes, cette politique dotée d’un budget de 80 M$ sur cinq ans cible les objectifs suivants : mobiliser les femmes et les hommes pour qu’ensemble ils fassent progresser l’égalité de fait entre eux ; réduire les inégalités persistantes et préoccupantes entre les femmes et les hommes ; agir en tenant compte de l’ensemble des femmes, et particulièrement des femmes qui vivent de plus grandes inégalités, comme les femmes immigrantes, aînées, handicapées ou en situation de pauvreté.

La stratégie se décline en six grandes orientations : la socialisation et l’éducation égalitaires, sans stéréotypes sexuels et sans sexisme ; l’autonomisation économique des femmes ; le partage équitable des responsabilités familiales et un meilleur équilibre entre la vie professionnelle, familiale, étudiante, sociale et politique ; une approche de la santé et du bien-être différenciée selon les sexes ; une société sans violence faite aux femmes ; la parité dans les lieux décisionnels. Elle comprendra une loi-cadre plaçant l’égalité entre les sexes au centre des priorités gouvernementales et un indice québécois de l’égalité, qui permettra d’observer l’évolution de l’égalité femmes-hommes, afin d’outiller le gouvernement pour mieux formuler ses actions.

Réaction du groupe des 13
Les membres du groupe des 13 (G13), une table de concertation réunissant une vingtaine de groupes et regroupements provinciaux féministes œuvrant pour les droits et l’égalité de toutes les femmes, ont déclaré, dès la sortie de la stratégie gouvernementale, leur accueil mitigé. Questionnée sur la situation actuelle au Québec, Sylvie Lévesque, directrice générale de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) et membre active du G13, a réagi ainsi.

Source : magazinemci
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