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Benoit Charette s’arroge des pouvoirs «inégalés» avec sa réforme du Fonds vert: il deviendra le patron de la lutte contre les changements climatiques et songe à financer les projets de gaz naturel comme GNL Québec, une «énergie de transition».

Le gouvernement Legault a déposé jeudi son projet de loi attendu sur la réforme du Fonds vert, qui était critiqué pour ses dépenses saugrenues et son inefficacité. Il sera remplacé par le «Fonds d’électrification et de changements climatiques», dont l’unique responsable sera le ministre de l’Environnement.

«On confère des pouvoirs jamais égalés au ministre de l‘Environnement, qui a un rôle de coordination de l’action gouvernementale sur la question des changements climatiques», a dit le ministre Benoit Charette en conférence de presse.

Québec a également assoupli l’encadrement sévère qui paralysait selon lui l’ancien Fonds vert avec des normes trop étroites. La pièce législative va permettre au gouvernement de dépenser plus facilement l’argent provenant de la bourse du carbone, dont les revenus proviennent en grande partie de la poche des automobilistes québécois. On fait par exemple sauter la clause qui stipulait que les deux tiers des revenus de la bourse du carbone doivent être réservés au transport.

Pour guider son action, le ministre de l’Environnement s’appuiera sur un comité consultatif formé de scientifiques. Le Vérificateur général du Québec aura pour mandat de vérifier les dépenses du fonds chaque année.

Le conseiller vert

M. Charette pourra aussi donner des «mandats» de réduction de GES à d’autres ministères et donner des avis à des collègues ministres sur des projets. Il ne faut toutefois pas s’attendre à une révolution verte. Si un promoteur propose un projet intéressant du point de vue économique, mais très polluant, Benoit Charette «accompagnera le promoteur pour s’assurer de minimiser l’impact de ce projet». Il ne pourra pas le bloquer directement.

M. Charette a d’ailleurs laissé entendre que le FECC pourra également subventionner des «énergies de transition» comme le gaz naturel. Il pourrait même financer Énergie Saguenay, un mégaprojet industriel dans le cadre duquel l'on construirait un gazoduc de l’Alberta au Québec et l'on érigerait une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, GNL Québec.

«Peut-être. On réitère des principes: l’important, c’est la diminution des émissions de GES. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de transition énergétique seront déçus. À partir du moment où un projet est alimenté par un fort émetteur de GES et qu’on permet d’utiliser une source d’énergie moins polluante, c’est de la transition», a-t-il dit. Il faudra attendre le début de l'année 2020 pour connaître exactement les intentions du ministre.

Plus d’argent pour l’adaptation

En plus du Conseil de gestion du Fonds vert, le projet de loi abolit Transition énergétique Québec, dont les pouvoirs reviendront au ministre de l’Énergie. Québec veut également investir moins d’argent dans la réduction des gaz à effet de serre, et davantage dans l’adaptation aux changements climatiques.

«On ne baisse pas les bras, ce n’est pas un constat d’échec. Mais même si on a le plan d’action le plus costaud, il faudra composer avec les changements climatiques», a dit M. Charette. Par exemple, la santé publique doit s’attendre à recevoir plus d’argent pour éliminer les îlots de chaleur. «Chaque année, on voit les chiffres, il y a des décès liés à ces îlots», a déploré le ministre.

Source : TVA Nouvelles
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