Actualités du secteur

C’est maintenant officiel : le gouvernement caquiste de François Legault présentera «sous peu» un projet de règlement afin d’imposer un seuil minimal pour les biocarburants vendus au Québec.

«Le ministre [de l’Énergie et des Ressources naturelles] a déclaré hier lors de son allocution qu’il proposerait la publication sous peu, aux fins de consultation, un projet de règlement concernant le volume minimal de carburant renouvelable dans l’essence et le carburant diesel», indique àLes Affaires Claude Potvin, l’attachée de presse du ministre Jonathan Julien.

Le ministre en a fait l’annonce ce jeudi lors d’un événement organisé par l’Association québécoise de la production d’énergie renouvelable (AQPER).

En novembre, Les Affaires rapportait que Québec imposerait bientôt un seuil minimal pour les biocarburants.

Pour l’heure, le cabinet du ministre Julien n’est pas en mesure de dire quel sera le seuil minimal. Après la présentation du projet de règlement, il y aura des consultations et différents intervenants feront alors des interventions pour proposer différents seuils.

Le gouvernement prendra sa décision à la lumière des propositions reçues, explique Mme Potvin.

Ce seuil de biocarburants représente un enjeu de taille pour l’industrie, à commencer par le projet d'un milliard de dollars de bio raffinerie à La Tuque, en Mauricie, proposé par Bio Énergie La Tuque (BELT) avec la finlandaise Neste, un leader mondial dans la production de biocarburants.

L'industrie estime qu'il faut une seuil d'au moins 10%

Neste réclame un seuil d'au moins 10% pour investir. Ce seuil est le nerf de la guerre pour le projet de bioraffinerie à La Tuque. Car, sans un seuil d'au moins 10%, Neste n'investira pas dans ce projet.
«S'il n'y a pas de grandes ambitions pour cette réglementation, nous n'investirons pas au Québec, c'est clair», avait déclaré en février 2018 Lars Peter Lindfors, vice-président principal et directeur technique chez Neste, en entretien avec Les Affaires.

La Finlande s'est dotée d'une cible de 20% de biocarburants dans l'essence et le diesel vendus à la pompe dans le pays.

Le projet de La Tuque prévoit la construction d'une bioraffinerie à compter de 2021.

Elle serait mise en service en 2023 et produirait du diesel renouvelable à partir de résidus forestiers. Ce carburant serait utilisé dans les véhicules routiers (camions, voitures, etc.) circulant au Québec.

Un éventuel seuil serait aussi une bonne nouvelle pour une Enerkem, un fabricant québécois de biocarburants (éthanol) et de produits chimiques renouvelables (méthanol), qui a un projet de bioraffinerie à Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal.
Sa mise en service est prévue en 2021-2022.

Source : Les Affaires
© 2019 Coeffiscience. Tous droits réservés. Conception & réalisation du site par HPJ.