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Québec et Ottawa investiront des millions de dollars dans la première technologie de fusion d'aluminium à zéro émission de carbone au monde.

Le producteur d'aluminium Alcoa et la compagnie minière Rio Tinto affirment qu'il leur a fallu des décennies pour développer le procédé, qui élimine toutes les émissions de gaz à effet de serre généralement produites par la fusion de l'aluminium traditionnelle, en produisant plutôt de l'oxygène.

«Une fois pleinement développée et déployée, cette technologie éliminera les émissions directes de gaz à effet de serre dégagées par le procédé d'électrolyse et renforcera l'industrie hautement intégrée de production et de transformation de l'aluminium au Canada et aux États-Unis», explique Rio Tinto par communiqué.

Afin de commercialiser la technologie à grande échelle d'ici 2024, Alcoa et Rio Tinto formeront une coentreprise nommée Elysis. Elysis recevra au total 188 millions versés par Alcoa, Rio Tinto, Québec, Ottawa et Apple afin de développer et commercialiser la technologie, pour qu'elle puisse être utilisée pour adapter les fonderies ou construire de nouvelles usines.

Rio Tinto précise qu'Elysis aura accès à une foule de brevets et d'objets de propriété intellectuelle. Le président-directeur général d'Elysis, Vincent Christ, explique que Rio Tinto possède l'expertise pour amener une technologie qui fonctionne au niveau industriel.

Quand cette innovation se répandra dans les alumineries du pays, «la productivité sera augmentée de 15 % et les coûts d'opération vont baisser de 15 %», a-t-il dit. Les gouvernements fédéral et provincial investissent chacun 60 millions dans Elysis, et Québec aura droit à une participation en capital de 3,5 %.

«Les Québécois ont une part dans cette entreprise», a noté le premier ministre Philippe Couillard en conférence de presse, jeudi, applaudissant ce qu'il qualifie de «bel exemple de partenariat économique dans un contexte nord-américain». «Ce projet nous permet de nous rapprocher des cibles de l'Accord de Paris», s'est de son côté réjoui le premier ministre Justin Trudeau, mentionnant que la création d'Elysis permettra de créer environ 1000 emplois d'ici 2030 en plus d'en consolider des milliers d'autres.

Le premier ministre Couillard a cependant rappelé que cette technologie commençait à être déployée et qu'il faudrait attendre encore quelques années avant qu'elle n'ait un impact sur les émissions des gaz à effets de serre. «On peut penser qu'entre 2022 et 2030, c'est là que va se produire l'impact de cette nouvelle technologie», a-t-il dit.

Selon Rio Tinto, la technologie pourrait éliminer au Canada l'équivalent de 6,5 millions de tonnes métriques d'émissions de gaz à effet de serre si elle était pleinement déployée dans les usines d'électrolyse existantes du pays. Cela équivaut à retirer de la circulation environ 1,8 million de véhicules légers, ou encore à planter une forêt dont la superficie équivaut à celle du lac Érié.

Alcoa et Rio Tinto vont investir 55 millions dans le projet.

Le géant technologique Apple verse de son côté 13 millions, en plus d'avoir facilité la collaboration entre Alcoa et Rio Tinto. L'entreprise s'est également engagée à offrir du soutien technique pour le projet. «Apple a eu un rôle clé là-dedans. C'est Apple qui a facilité l'accord entre Alcoa et Rio Tinto parce qu'ils sont à la recherche d'innovations et de produits qui sont à faible empreinte de gaz à effet de serre», explique Vincent Christ.

«Le fait qu'Apple soit associé à cette technologie est une très bonne nouvelle», a lancé M. Couillard, ajoutant que plusieurs personnes dans la salle étaient sans doute des utilisateurs d'iPhone. «Ces appareils seront faits, lorsque la technologie sera disponible, par de l'aluminium sans carbone, c'est pourquoi ils s'intéressent à cette technologie», a-t-il ajouté.

Le siège social d'Elysis sera situé à Montréal et un centre de recherche se trouvera dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Source : La Presse
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